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J’ai laissé derrière moi les corps des créatures qui furent mes coéquipiers, gisant dans leurs sécrétions toxiques. Les salamandridés qui nous ont abordés sont passés devant la salle de commandes sans détecter ma présence. J’ai profité de l’aubaine pour me glisser dans la coursive et me dirige à présent vers le sas d’extraction, dans l’espoir d’emprunter une chaloupe spatiale. C’est ma dernière chance de m’extraire de la station et d’ainsi échapper à la terrible menace qu’elle renferme. 
Après quelques minutes de progression dans le dédale de galeries, une série de rugissements résonne derrière-moi, puis les tubes lumineux qui baignent les couloirs de leur lumière blafarde s’éteignent subitement. Retrouver le sas dans l’obscurité ne sera pas une mince affaire. Je poursuis mon avancée à tâtons mais je sens que les créatures se rapprochent dans mon dos. Leur odeur de fiel agresse mes narines malgré mon respirateur, leurs pas se précipitent à ma poursuite lorsque j’aperçois à quelques mètres le halo bleuté indiquant l’entrée du sas d’extraction. Les grognements sont si près que je crains de ne pas parvenir à la chaloupe à temps. Dans un dernier élan de désespoir je cours à l’aveugle en direction de la lumière. Le volet s’écarte à mon approche, à l’instant même où le souffle brûlant d’une salamandre embrase ma nuque. Enfin, je franchis l’ouverture du sas et le volet se referme sur mon poursuivant avant qu’il ne me saisisse. Ce dernier émet un sifflement nauséeux et cogne le battant de plastacier avec une force inimaginable, mais il est trop tard. Je suis à l’abri.  
Décidé à ne pas perdre de temps, je prends place dans une chaloupe spatiale et enclenche le programme de sauvetage. Je regarde l’espace apparaître devant moi quand le débarcadère bascule pour laisser la voie libre à mon esquif. Ce n’est qu’en actionnant la manœuvre de libération de la chaloupe que je prends conscience que ma fuite était vaine, car lorsque la navette s’élance dans le vide et que je me libère de mon respirateur, je sens suinter quelque chose à la base de mon cou. Un regard circulaire à la recherche d’un reflet met définitivement fin au doute. 
Je suis l’un des leurs désormais.

Extraction//Sylvain R:é ©

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#0738.040519

Je me tapis derrière le panneau de commandes. La station spatiale a été abordée par un vaisseau d’origine inconnue alors que nous étions sur le point d’atteindre un cargo à la dérive. La vigie pensait avoir réussi à l’identifier comme étant le navire perdu corps et biens lors d’une mission de reconnaissance aux abords du planétoïde Σ1.7. Je ne sais pas quelles entités ont pénétré dans la station, mais les cris de l’équipage et les tirs d’armes soniques ne me laissent que peu de doutes quant à leurs intentions. 
Maintenant que les combats ont cessé, j’entends le craquement des dalles de plastacier, je ressens les vibrations sourdes des pas de créatures gigantesques alors qu’elles approchent inlassablement de la salle de commandement. 
Je suis armé d’une grenade sonique, ultime chance de survie. Les brigades d’intervention, prévenues par le domo dès l’intrusion, sont hors de portée. 
Alors que le volet bascule et libère l’accès à mon refuge, je presse le déclencheur de la grenade tout en veillant à couvrir le capteur de sécurité de la paume de ma main. J’aperçois, entre les consoles, les silhouettes d’une demi-douzaine d’aliens colossaux. Il est temps d’agir. 
Je lance mon projectile par-dessus le panneau de commandes et me plaque au sol, les mains sur la tête, en espérant que les consoles me protégeront de l’onde sonique. 
Le bruit est assourdissant. 
Quand je me relève, j’ai du mal à retrouver mon équilibre. Un sifflement me fore l’intérieur du crâne. Les pirates gisent sur le sol, inanimés. Je m’approche pour tenter une identification des créatures. Sans succès. Ce sont sept humanoïdes revêtus de scaphandres de combat, ce qui explique leur stature imposante. Leur épiderme est tacheté à la manière des salamandres. Une substance nauséabonde suinte de leur cou, de ce qui semble s’apparenter à des glandes parotoïdes. Je branche mon respirateur et m’apprête à quitter la pièce lorsque j’aperçois l’écusson imprimé sur l’un des scaphandres. Le même que celui qui orne ma combinaison. Dessous figure un nom : celui de mon lieutenant. 
Le choc de cette découverte, allié aux effets de la grenade, m’impose de poser un genou à terre. Les feulements qui approchent dans la coursive achèvent de me faire réaliser ce qui m’arrive. Je viens d’anéantir l’équipage, et le sort qui m’attend me terrifie.

Intrusion//Sylvain R:é ©

news#0224

Retrouvez Sylvain-René de la Verdière et Yves Letort au sommaire du troisième numéro de la revue Le Novelliste.

Les Contes des brumes regroupent 10 micronouvelles ayant pour cadre La Civito de la Nebuloj de Sylvain-René de la Verdière et accompagnées d’une illustration de Poulpy.

La remontée du Fleuve, illustrée par Céline Brun-Picard, s’intègre quant à elle dans la série phare d’Yves Letort : Le Fleuve.

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AVERTISSEMENT

Les deux Zeppelins seront rebootés à partir d’aujourd’hui, premier septembre 2018. L’ensemble des brèves publiées à ce jour seront supprimées petit à petit et constitueront l’éphémère Saison 5.
Il ne vous reste donc plus que quelques jours pour compulser les micronouvelles actuellement en ligne avant qu’elles ne disparaissent.

Nous remercions chaleureusement l’ensemble des auteurs qui ont participé à cette cinquième saison, d’autant qu’elle revêt un statut particulier. D’aucuns auront d’ailleurs constaté que notre appel à texte est clos depuis plusieurs mois.

Quid de la Saison 6, alors ?
Les deux Zeppelins font une escale. Après cinq années, 722 brèves et 8 feuilletons de 45 auteurs et 13 illustrateurs, il est temps de se mettre en chantier.

Parbleu ! Il n’y en aura donc pas ?
En fait si, mais le rythme des publications ne sera pas aussi soutenu. Il nous reste quelques brèves inédites acceptées avant la cloture de l’appel à textes et il est hors de question qu’elles passent à la trappe. Attendez-vous donc à les voir apparaître au compte-gouttes avant fin août 2019. Il se peut également que nous publiions le feuilleton de Sylvain-René de la Verdière intitulé « Le Carnet d’Émilien Lépingle », que nous vous avions annoncé pour cette Saison 5, mais qui est resté au fond des tiroirs.
Aucune réouverture de l’appel à textes n’est prévue, en revanche.

Alors c’est la fin ?
Des Zeppelins tels qu’ils l’ont été depuis 2013, oui. Outre ces textes inédits, notre priorité pour l’année à venir est de nous pencher sur la réalisation des volumes d’archives papier à destination des auteurs, qui ont pris du retard (vraisemblablement 2 volumes pour chacune des Saisons 4 et 5). Ensuite, nous verrons bien. Quelques idées fourmillent ici ou là, mais le chantier n’est pas commencé et ne le sera pas tant que les recueils d’archives n’auront pas vu le jour. Nous continuerons quoi qu’il arrive d’annoncer les parutions de nos auteurs, et nous vous tiendrons informés, ici et sur facebook, de l’avancée des projets.

Rendez-vous, donc, dans un futur indéfini. En attendant, bonne Saison 6 et bonne lecture des textes existant avant qu’ils ne nous quittent.