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Je me souviens de cette rotonde vitrée donnant sur le jardin de la bibliothèque, et si la possibilité m’était donnée de reproduire les dessins que j’en ai faits de mémoire, vous pourriez la reconnaître en vous y rendant sans rien découvrir de nouveau qui ne fût retranscrit par mes fusains. Avec quelques huiles essentielles, je pourrais recomposer le parfum exact de cette pièce où l’on consulte les ouvrages précieux remontés des archives par le vieux à binocles dont j’ai brossé le portrait avec une si soucieuse fidélité que vous pourriez le reconnaître même lorsque ses os se seront débarrassés de leur viande et de leur cuir.
J’ai toujours sur moi la référence sous laquelle est répertorié le livre sans titre qui m’intrigue tant. Sitôt me voit-on arriver que l’on sourit moqueusement à l’approche du monomaniaque pour lequel je dois passer. Selon un rituel convenu, je salue, porte la main à ma poche pour tirer le morceau de papier avec la référence chérie, mais l’on me fait signe que mon geste est inutile, et, sans un mot échangé, me notifie l’arrivée du vieillard.
Tout cela je pourrais en faire un film pour le cinématographe, ouvrager le décor adéquat, choisir les acteurs, tout copier à la perfection pour vous le faire vivre à vous aussi. Mais ensuite…
Figurez-vous devoir décrire un rêve, le mettre en scène à l’aide d’éléments prosaïques, traduire l’onirisme et ses invraisemblances physiques en termes communs, non pas seulement corrompre l’impossible en plausible mais travestir des fragments fantasmagoriques en banals faits…
Je me donne l’impression d’être un astronome qui, victime des lois de l’optique et de sa biologie déficiente de pathétique humain, dans le coin de l’œil soupçonne une nébulosité mais qui, sitôt fixant son attention sur l’évanescence céleste, la fait disparaître de sa vue. Ce livre, il est là, dans une encoignure inaccessible de ma mémoire. J’en vois les traces, les conséquences, les effets, mais aucunement sa matière, ses phrases, ses pages… Il glisse hors de l’entendement ; une translation de la réalité dans les opacités d’un impénétrable mystère.
Un philosophe commentera en déclarant que cet ouvrage n’a en réalité qu’accompli sa destinée de vulgaire bouquin, il sert justement à conserver ses trésors sans user la mémoire de son lecteur qui pourra s’y référer à tout moment, que les livres sont créés à cet effet ; ce serait pourtant passer tout à fait à côté de l’essence de ce qui est bien autre chose qu’une sophistiquée serpillière à encre, bien autre chose !

Autre chose qu’un livre//Anonyme ©

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Il y eut un temps où les âmes hardies défiaient les cieux et gravissaient les altitudes divines, gagnant les étoiles pour contempler les au-delàs, et, candides audacieux, vaciller au bord du vide sans crainte de chavirer et s’écraser sur un sol profane pour y moisir de toute leur éternité. Dans leurs angéliques dépouilles croupissaient des songes dont se délectait une peuplade insulaire oubliée du soleil et de la lune, une espèce de canidés imberbes aboyant entre le néant et l’absolu où même les vagues et les mirages n’osent s’échouer, une civilisation adorant les galaxies, les nébuleuses et tout ce qui gire au-dessus des crânes tatoués aux effigies de constellations exotiques. 
Mais les braves se sont faits aussi rares que les âmes : tout ce qui se mouvait n’hébergeait plus nécessairement d’esprit, et tout ce qui était esprit était las et conquis par les dieux, dominé par les lois et le temps. Ainsi pourrirent les rêveurs dont on ne trouve les restes que mêlés aux laves de failles océaniques inutiles et dont seules quelques effluves d’un parfum inconnu se laissent flairer lorsque l’on s’abandonne aux solitudes maritimes les plus fatales.

//Anonyme ©

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Certains prétendent que c’était un chêne aussi vieux qu’Yggdrasill, d’autres que c’était le plus grand orme que la terre pouvait porter sans chavirer. Toujours est-il que les gravures, aussi nombreuses et précises soient-elles, les contes autochtones, ni les divers témoignages ne s’accordent à propos de son essence ; même ses feuilles séchées ou celles qui ont servi à produire des bas-reliefs sur les tomettes de la place du temple ne permettent d’émettre la moindre affirmation définitive. 
Sa plus ancienne mention remonte à l’époque romaine, lorsqu’un viaduc fut dressé non loin entre deux collines et qu’on grava à sa base des formes sylvestres en son honneur. 
De tous temps on s’y pendit, que ce fut par sens du sacrifice, par bravade à la maladie, par refus de vieillir ou par dévotion. Les corps y étaient laissés à moisir, à se vider et à se dessécher. Certains, correctement accrochés, étaient absorbés par la croissance végétale, d’autres croupissaient à ses pieds, trouvant dans ses racines une sépulture qui devait trouver un sens cosmique pour que nul qui y soit inhumé ne trouvât de raison de revenir en fantôme.

//Anonyme ©

news#0240

Le second tirage de La Pouponnière, recueil d’archives de la Saison 4, est enfin disponible pour les contributeurs du site toutes saisons confondues.
Vous avez écrit ou illustré des brèves, écrit des tweets ou participé au Prix Les deux Zeppelins ? Les commandes vous sont ouvertes au tarif de 14€ frais de port inclus pour la France et la Belgique. Il vous faudra pour cela prendre contact avec l’archiviste afin de finaliser la transaction (les2zeppelins[at]free.fr).
Ne tardez pas, à la fin de l’été il sera trop tard !
Plus d’informations sur le recueil par ici.


reboot#0005

AVERTISSEMENT

Les deux Zeppelins seront rebootés à partir d’aujourd’hui, premier septembre 2018. L’ensemble des brèves publiées à ce jour seront supprimées petit à petit et constitueront l’éphémère Saison 5.
Il ne vous reste donc plus que quelques jours pour compulser les micronouvelles actuellement en ligne avant qu’elles ne disparaissent.

Nous remercions chaleureusement l’ensemble des auteurs qui ont participé à cette cinquième saison, d’autant qu’elle revêt un statut particulier. D’aucuns auront d’ailleurs constaté que notre appel à texte est clos depuis plusieurs mois.

Quid de la Saison 6, alors ?
Les deux Zeppelins font une escale. Après cinq années, 722 brèves et 8 feuilletons de 45 auteurs et 13 illustrateurs, il est temps de se mettre en chantier.

Parbleu ! Il n’y en aura donc pas ?
En fait si, mais le rythme des publications ne sera pas aussi soutenu. Il nous reste quelques brèves inédites acceptées avant la cloture de l’appel à textes et il est hors de question qu’elles passent à la trappe. Attendez-vous donc à les voir apparaître au compte-gouttes avant fin août 2019. Il se peut également que nous publiions le feuilleton de Sylvain-René de la Verdière intitulé « Le Carnet d’Émilien Lépingle », que nous vous avions annoncé pour cette Saison 5, mais qui est resté au fond des tiroirs.
Aucune réouverture de l’appel à textes n’est prévue, en revanche.

Alors c’est la fin ?
Des Zeppelins tels qu’ils l’ont été depuis 2013, oui. Outre ces textes inédits, notre priorité pour l’année à venir est de nous pencher sur la réalisation des volumes d’archives papier à destination des auteurs, qui ont pris du retard (vraisemblablement 2 volumes pour chacune des Saisons 4 et 5). Ensuite, nous verrons bien. Quelques idées fourmillent ici ou là, mais le chantier n’est pas commencé et ne le sera pas tant que les recueils d’archives n’auront pas vu le jour. Nous continuerons quoi qu’il arrive d’annoncer les parutions de nos auteurs, et nous vous tiendrons informés, ici et sur facebook, de l’avancée des projets.

Rendez-vous, donc, dans un futur indéfini. En attendant, bonne Saison 6 et bonne lecture des textes existant avant qu’ils ne nous quittent.

reboot#0004

AVERTISSEMENT

Les deux Zeppelins seront rebootés le vendredi premier septembre 2017. L’ensemble des brèves publiées à ce jour seront supprimées et constitueront l’éphémère Saison 4.
Il ne vous reste donc plus que quelques jours pour compulser les micronouvelles actuellement en ligne avant qu’elles ne disparaissent au profit de la Saison 5.

Nous remercions chaleureusement l’ensemble des auteurs qui ont participé à cette quatrième saison et nous avons hâte de vous faire partager les trouvailles de la cinquième.

news#0162

Quelques informations sur la Saison 5 :

  • 1 brève par jour de septembre 2017 à mi-août 2018
  • 3 mini-feuilletons
  • La suite des Archives Lumière de Francis Péhot et du Capitaine Titou de Poulpy
  • De nombreux auteurs :

Des anciens : l’Anonyme, Francis Thievicz, Céline Maltère, Francis Péhot, Sylvain-René de la Verdière.

Des récents : Jérôme Bertin, Patrick Boutin, Pascal Dandois, Jude VII, Maria de las Mercedes Azar, Poulpy, Jan Sili.

Des nouveaux : Anselme Bender, Ange Beuque, Michel Blondeau, François Crickx, Déessedesel, Djagerno, Paul Fichtre, Françoise Grenier Droesch, Yves Letort, Charles Nonks, Gabriel Paul, Robert Plante.

Rendez-vous donc en septembre, mais d’ici-là, profitez de la fin de la Saison 4 !

news#0140

Trois fascicules limités sont disponibles dès à présent dans notre BOUTIQUE.

Les deux premiers regroupent l’ensemble des tweet-stories parues dans nos pages (exception faite de celles de Sylvain-René de la Verdière déjà disponibles dans le Micronomicon paru chez -36°éditions), quant au troisième, il réunit l’intégralité des tweets publiés par Hugues Canetti sur son compte twitter lors de la publication dans nos pages du feuilleton De Vermis Circulis.

Toutes les couvertures sont illustrées par Pascal Dandois.

Seulement 10 exemplaires de chaque dans ce tirage de tête où chaque fascicule est unique et imprimé sur papier recyclé kaléidoscope et/ou couleur ! Foncez, il n’y en aura pas pour tout le monde !

Volume 1 : RT#01@L2Z
Volume 2 : RT#02@FRANCISTHIEVICZ
Volume 3 : RT#03@HUGUESCANETTI

news#0121

Bientôt, parution du recueil d’archives volume 4 incluant l’ensemble des brèves de la Saison 3.
La Machi : 124 pages, 52 micronouvelles de Céline Maltère, Francis Thievicz, Sylvain-René de la Verdière, l’Anonyme, Isangeles, Poulpy, Anthony Boulanger, Lucette Dubois, Nicolas Villain et Hugues Canetti.
Préface de Patrick Boutin.

Tirage limité, numéroté et réservé aux contributeurs du site. Une solution pour s’en procurer un exemplaire : Contribuer ! Pour cela, rendez-vous sur notre page Appel à textes.

machi

news#0087

La Saison 4 (2016-2017) est complète. Les soumissions restent ouvertes, mais les textes que nous accepterons à partir de ce jour seront retenus pour la Saison 5.

Nous tenons à remercier tous les auteurs qui ont participé à cette saison qui s’annonce pour le moins éclectique.

Au programme :

Agent M.
Anonyme
Jérôme Bertin
Pascal Blondiau
Anthony Boulanger
Patrick Boutin
Pascal Dandois
Philippe Gindre
Jude VII
Sylvain-René de la Verdière
Gatien Lecualerc
Céline Maltère
Poulpy
Jan Sili
Francis Thievicz