Reblog#0016

Gazette du Port au Prince le 26 février 1785

Extrait d’une lettre

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« J’allai à la chasse ces jours derniers accompagné d’un de mes nègres. Je m’écartai de mon habitation d’environ 3 lieues ; je me trouvai à 10 heures du matin sur le sommet d’un morne escarpé au bas duquel était une falaise extrêmement profonde qui me parut impraticable ; en considérant l’étendue et la profondeur, j’apperçus un animal d’une grosseur prodigieuse qui était suivi de trois autres de moindre grosseur ; […] lire la suite

Source : La Porte Ouverte // LA BÊTE DE FONDS-VERRETTES

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Reblog#0014

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Nous ne nous étions pas vus depuis cinq ans mais je la reconnus tout de suite. Elle aussi devait savoir qui j’étais (comment en aurait-il pu être autrement !) mais elle n’en laissa rien filtrer, pas même détourna-t-elle le regard ni ne cilla, sa poitrine ne fit aucun bonds, sa respiration ne se fit pas haletante, elle gardait tout empire sur son paraître, comme naguère. Peut-être ne trahissait-elle rien de ses émotions par fierté féminine, ou parce qu’elle avait honte d’être si décatie. […] lire la suite

Reblog#0013

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Ai-je oublié de vous oublier?

Cela parait pourtant si simple, si évident, si instinctif… Évidemment, personne n’y croit, probablement parce que personne n’existe, du moins personne n’existera sous peu.

Tout a commencé lorsque, sortant de la mine de ténèbres où l’on fabrique la nuit, je me suis dit que j’étais aussi marginal que tout le monde ; ce genre d’oxymores qui n’ont rien de conclusions mais sont plutôt des failles dans le tissu illusoire des apparences.

J’ai d’abord commencé à ne plus penser aux cratères qui alimentent si aléatoirement le cours Temps, ni aux îles aériennes violacées qui naguère voilaient si souvent le firmament, ni aux fantômes des arbres qui, d’effroi, faisaient jadis perdre leurs couleurs à des forêts entières, ni aux troupes d’hommes à tête de chien. Puis j’ai employé mon temps […] lire la suite

Reblog#0011

papier esthétique

Un peu plus tard (c’est dire tout ce qui se passe dans une journée), quand je me suis aperçu que, suite à une translation géographique, l’horizon n’était plus là où j’avais l’habitude de le trouver les jours précédents, je n’ai pas fondu en larmes. J’ai pensé à un peuple sans lumière, oh non, pas un peu peuple comme celui dont Platon nous conte les mésaventures, qui vit dans la pénombre d’une caverne, ce n’est pas ce à quoi je pensais, non, je pensais à un peuple triste, un peuple éteint parce que, pour lui, il n’y a pas d’horizon, sinon par intermittences, peut-être. J’ai fermé les yeux et je n’ai plus pensé à rien, sinon à une ligne courbe, au loin.

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