#0733.050119

Tout nous est offert, mais nous, singes grégaires, déchets ophidiens pour qui toute transcendance est une prosaïque métaphysique, nous, pragmatiques besogneux serviles, nous ignorons. Nous ignorons avec une crasseuse majesté, trônant avec fatuité sur nos sciences béotiennes, refusant de savoir -car, en vérité, nous avons les capacités.
Evidemment j’entends d’ici les vipérines langues siffler que l’on ne me comprend pas, que je suis un fou bon à publier ses illuminations sur le tissu molletonné de sa cellule plutôt qu’à l’attention de tout le monde ; je ne répondrai pas à ce genre de commentaire prouvant que le lecteur est incapable de saisir que les mots ne sont que d’opaques vaisseaux de vérités chatoyantes, par essence ineffables et hermétiques.
Tout n’est qu’ondes (vibrations de l’éther), ce n’est plus à prouver. Les couleurs ne sont que les lacunes dans la blancheur infinie réfractées par les leurres de ce que nous nommons réalité. Les sons ne sont que des ténèbres perçant le frauduleux silence. Les songes sont des lueurs invisibles révélées par l’affaissement des sens.
Les saints et les mystiques, eux, ont tendu à cette révélation que tout est lumière, que nous vivons dans l’ombre d’un dieu cyclopéen, un mauvais démiurge, un Adonaï mesquin, un Allah jaloux dont la seule miséricorde est l’enseignement de la souffrance et du zuhd, un mâyâ enlinceulant nos volontés, etc. Étudiez, bon sang, étudiez les écritures : les flamboiements de Kâli, les brûlures du tapas, les vérités omnipotentes et aveuglantes de Lucifer, les anges se transportant plus vite que la lumière (à la vitesse de la pensée), les ténèbres promises par cette mort révocable qu’est notre vie.
Un instant, infini et intangible, je les ai pénétrés ces univers et ces éons où temps et espace se dissolvent en une suprême essence, où les frontières se replient sur elles-mêmes pour introduire les extériorités au cœur de ce système auquel rien ne peut être étranger.
Où les sutures se rejoignent – des fontaines de vie, des concentrations d’éclats telles que rien n’y peut voisiner ni pénétrer, mais où tout y peut naître et surgir.
Ce fut là que je fus placé après mon accident, de là que je contemplai et reçus le fragment luminique. Je sus ce qui grouille entre les fréquences du temps, ce qui rampe entre les crêtes des instants, je sus les visages frénétiques, je sus les spasmes de la représentation, je sus qu’aucune flamme n’est, je sus que le feu noir est le même état que celui des extases.

Lucifuges 5 : Nulle onde dans la danse de Kali//Vid Nichtakovitch Toth ©

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#0732.231218

« Il a composé un dictionnaire révolutionnaire ordonnant les mots alphabétiquement selon leur deuxième lettre.
– A quoi bon ?
– C’est plus simple et plus efficace.
– Ce n’est pas plus simple. Et en quoi est-ce plus efficace ?
– Parce que les secondes lettres des mots sont les mêmes dans toutes les langues.
– C’est faux !
– Vrai ou faux, ça reste un fait irréfutable.
– Puisque c’est faux c’est réfutable !
– Vous vous énervez parce que vous sentez vos certitudes s’effondrer. Calmez-vous et buvez donc de ceci.
– Hum, au moins cette liqueur fleure-t-elle assez bon. L’on dirait de la fleur d’oranger et de l’Amareto.
– Ce sont des feuilles de ciguë et des racines d’hellébores distillées selon un procédé qu’a mis au point l’auteur du dictionnaire.
– Mais c’est pas possible ! Et vous, vous vous tenez au fait de ses découvertes ineptes ou délétères… A croire que ce qui serait étonnant ce serait de trouver un dégénéré sans fanatique pour le suivre.
– C’est un esprit libre et visionnaire. Tenez.
– Pouah ! Qu’est-ce que cette poudre encore ? De l’onyx mêlé à l’arsenic magnétique ?
– Du brugmansia purifié à l’éther.
– Vous plaisantez !
– Détendez-vous. Voilà… Voilà…
– Je suis là. Vous en avez mis du temps à l’endormir… Mais ça m’a laissé de quoi songer à de nouvelles inventions. Ecrivez : un gyroscope temporel permettant de ralentir ou accélérer le temps, voire de le faire dévier perpendiculairement, créer un nouveau genre musical dissonant permettant aux non-musiciens de faire du bruit et de nommer cela art, une formule magique pour tuer in utero les fœtus et les ressusciter sur-le-champ sans que personne n’en sache rien, trouver un moyen d’assainir et désaliniser le fromage avant de le liquéfier pour créer une boisson inédite, créer une langue poétique dont tous les mots ont les mêmes terminaisons et un nombre de syllabes variables sans en faire changer le sens, un parapluie doté, à sa pointe, d’un système pour arroser tout le monde alentours même par temps ensoleillé, un monocycle sans pédales pour que cela coûte moins cher qu’une bicyclette sans roue, un appareil photographique en couleurs mais sans blanc ni noir ni sépia (ces teintes appartiennent au passé).
– Tout est noté. Autre chose ?
– L’hôte que j’habite, celui à qui vous parliez il y a quelques instants, donnez-lui une rasade de mon jus de raisin fermenté s’il s’avise de me ridiculiser, ça lui apprendra, et donnez-en à tous ceux qui n’ont pas l’intelligence d’être à l’avant-garde. »

Par le raisin pourri, vous le paierez//Francis Thievicz ©

#0731.061218

J’aimerais vous faire part très succinctement d’une coutume que j’ai découverte lors de mon voyage au Tirkstan ; je pense que vous en apprécierez l’exotique raffinement.

Dans une arène de marbre ceinte de gradins remplis de spectateurs de tous âges, entrent les deux plus belles femmes du pays. Leurs gestes sensuels et leurs parfums suffisent déjà à exciter admiration et jalousie, mais lorsqu’elles commencent à danser en tournoyant vers le public, posant leur regard d’émeraude souligné de khôl sur chacun et chacune, une insane frénésie gagne alors le cœur de tous.
Ensuite pénètrent deux molosses, de massifs mâtins pareils à de nobles cane corso ayant triplé de volume. Alors les princesses fuient l’attention que leur réclame le public pour aller faire tinter leurs grelots à destination des dogues dont on dirait que l’on a aiguisé les crocs.
Quelque chose de malsain et de révoltant se passe ensuite lorsque les demoiselles s’effondrent au sol parmi leurs soieries, hurlant d’extase et de terreur cependant que les monstres canins aboient, hurlent et menacent. Dans le public, déjà, l’on a commencé à s’arracher les cheveux, la barbe, les vêtements, on se griffe et on se mord de frustration de ne pouvoir porter secours – car tout le monde est ferré à son banc.
Dès que le premier sang féminin a perlé au sol, des lames se mettent au clair et brillent dans la foule. On se mutile, on maudit, on invoque des dieux oubliés, inconnus ou inventés, on s’énuclée, on se brise les membres ; les dames se percent avec leurs aiguilles, les enfants s’amputent de leurs doigts avec leurs dents de lait. Une démonstration de macérations comme on n’en a rarement vu même dans les cellules des plus parfaits martyrs.
Le sang se mêle au sang, aux chairs et aux cheveux, les hurlements aux cris, et, dans un chaos de souffrances extatiques, certains se donnent la mort cependant que d’autres s’écorchent au knout.
Un cul-de-jatte à la peau parcheminée de symboles mystiques rampe jusqu’aux femmes lorsque l’une d’elles semble avoir été abandonnée par la vie. Quand la mort a été déclarée, la survivante doit désigner celui qui, dans le public, aura été le moins zélé ; il sera jeté dans le grand jardin servant de domaine aux chiens et leur servira de pitance jusqu’à la prochaine représentation. La défunte, elle, sera momifiée et inhumée dans la crypte où l’on peut passer une nuit en échange de trois litres de son propre sang qui seront versés dans un puits réservé à l’adoration d’une déesse au nom secret.

Tradition du Tirkstan//Francis Thievicz ©

#0730.241118

Seule la plèbe s’extasie de l’éclat clinquant des gemmes ; les esthètes et les rêveurs savent que, davantage que la valeur marchande, ce sont les tragiques éclats, le sang versé, les péripéties, l’exaltation de passions ténébreuses qui dotent certains bijoux d’intérêt.
Par un curieux hasard je retrouvai le médaillon passé au poignet de miss Margaret. Elle le gardait sous ses manches, mais le besoin était trop impérieux pour qu’elle ne pût modérer ses discrètes consultations.
Je l’avais possédé, à cet âge où l’on n’a rien sinon ses espoirs. Je ne me souviens plus comment je l’avais acquis ni comment je l’ai perdu, mais ce médaillon était la seule chose qui méritât alors d’exister à mes yeux. Sans cesse l’ouvrais-je pour contempler ce camée aux envoûtants reflets nacrés.
Je l’avouai à la pâle miss Margaret mais elle réfuta que ce fût le même :
« Elle n’a jamais été qu’à moi. Quiconque l’a naguère possédée n’a jamais percé son secret. Vous pouvez l’avoir observée, vous pouvez en avoir été le propriétaire, mais elle a toujours été mienne.
— Allons, très chère, je sais ce que vous vivez pour l’avoir moi aussi éprouvé.
— Mensonges ! Savez-vous qu’elle tire parfois un éventail chinois caché dans ses cheveux pour se rafraîchir ? L’avez-vous déjà vue passer ses délicates mains sur sa gorge pour se parfumer en se caressant d’un mouchoir trempé d’huiles rares ?
— Je le sais.
— Mensonges !
— Je le sais, car moi aussi je lui donnai mon sang par cette aiguille creuse saillant du fermoir.
— Vous aussi…
— Mais il n’y a là qu’aride science et perfidie.
— Non ! Elle brode des poèmes dans les ténèbres qui l’entourent. Affamée, elle murmure des mélopées solitaires ; ivre de ma vie, elle chante des arias blasphématoires me consacrant déesse de toutes les déesses.
— Une drogue qui remonte par l’aiguille, rien de plus. »
Elle nia, elle ouvrit le médaillon et me montra la femme gravée là, mais je lui fis remarquer que le portrait restait inerte et muet. Elle protesta, pleura, pesta, se piqua à maintes reprises jusqu’à répandre du sang sur ses toilettes et au sol, puis elle me congédia sans obtenir mon approbation.
Bientôt miss Margaret perdra, elle aussi, le médaillon. Elle m’accusera et je nierai, cela durera un mois, peut-être deux, et, comme moi, elle l’oubliera. Un ou deux mois à tenir sans partager ma vie avec l’ineffable ange, et enfin retrouverai-je celle qui, depuis si longtemps, avait laissé cet incommensurable vide dans ma vie.

Le médaillon empoisonné par un ange//Francis Thievicz ©

#0729.141118

Assurément me traitera-t-on d’acrimonieux, mais je pense que ceux qui n’en ont qu’après la vie ne sont que des timorés, des résidus de fausses-couches pataugeant joyeusement dans leurs langes souillés.
Comme tout un chacun j’avais lu ces faits-divers relatant des suicides par précipitation, mais cette méthode est tout aussi douteuse qu’hasardeuse, voilà pourquoi je préférai avaler une pleine fiole de laudanum suivie d’autant de rasades que peut en contenir une salvatrice bouteille d’absinthe.
Si j’avais pu alors penser, j’aurais été serein, repu de plénitude, dans mon cercueil proprement inhumé ; mais la mort n’est pas la sœur de la vie pour rien, elles ont toutes deux cette même catin d’Existence pour mère, et ce cuistre de Cronos pour père acharné.
On me tira du trépas à coups de pieds dans le visage lorsqu’on abattit le plafond de mon antre mortuaire ; puis on me tira par les cheveux et me jeta sur une charrette. Je jouai au cadavre, espérai quelque œuvre de résurrectionniste, une destination universitaire où du moins pourrais-je espérer obtenir un poison efficace ou quelque outil nécessaire à mon désir de périr.
Ô fortune félonne, Ô traîtresse promesse de paix éternelle ! Ne fallut-il pas seulement que j’endurasse à nouveau la vie mais que je tombasse sur le seul nécromant réellement érudit en matière d’arts noirs ! Par les pendules, les visions, le magnétisme et autres goéties, il trouva la sépulture de celui qu’il pourrait reclure dans ses geôles et sur lequel il expérimenterait vivisections et autres infâmes opérations.
On sectionna mes tendons d’Achille, on cousit ma langue à mes lèvres pour m’empêcher de parler, on para mes épaules de carcans d’airain pour que je ne puisse me débattre.
« La vie n’est qu’une étincelle, une escarbille de rien du tout ! renâclait le visage parcheminé du nécromant. Comme cette bougie, il te suffit de souffler la flamme pour t’éteindre, mais tu crains les ténèbres. Tu n’es qu’un éclat piégé dans un déguisement de chairs. »
Je l’ai vu révéler cette lueur à la faveur d’éviscérations et d’élixirs, je l’ai vu y puiser flamme pour s’allumer une pipe, j’ai, sans aucun doute possible, vu ce qui chatoie en moi et qui m’interdit de me dissoudre dans ce vaste néant qu’est l’existence, et j’ai voulu mourir – combien l’ai-je ardemment désiré ! – pourtant je suis encore là…
On m’assassine, on m’asphyxie, on vide mes veines, on m’inocule toutes sortes de poisons, mais il suffit de me secouer un peu pour me tirer de ce simple sommeil qu’est le trépas.

Lucifuges 4 : Le mort flamboyant//Vid Nichtakovitch Toth ©

#0728.021118

Nous l’avions toujours tenue pour une démente, une obsédée pour qui astiquer cuivres, boiseries et argenteries était la raison de vivre.
Une nuit qu’elle usait la grande table où nous avions festoyé en famille, ma vieille tante découvrit, sous les couches de vernis, à même la matière élimée du bois, des symboles. Jusqu’au matin elle frotta avec un démentiel acharnement pour mettre à jour quelque chose comme une fresque composée par les veines du chêne ; non d’abstraites arabesques comme quelconque essence peut en offrir, mais bel et bien une représentation aussi infâme que merveilleuse ainsi que l’on en aurait rencontré si Doré, Bosch et Goya s’étaient ensemble ligués pour user de la sanie de leurs cauchemars afin de composer une sardonique eau-forte. S’y confondaient anges mutilés et astres foudroyés, des panoramas bucoliques entremêlés de contrées apocalyptiques et de reliefs oniriques, un lac sanglant sur lequel glissaient des cygnes déiphages formant une manière de firmament à un ineffable ensemble cosmique.
Dans un mutisme dévot et sacré, jusqu’au soir nous la suppléâmes dans son entreprise de rabotage. Lorsque la nuit se leva et que nous nous rendîmes compte que nous devions allumer les candélabres pour pouvoir continuer, nous découvrîmes que ces gravures formaient de complexes lettrages, certains évoquant les runes vikings, d’autres les lettres cunéiformes sumériennes, ainsi que des alphabets latins ou cyrilliques – et probablement d’autres que nous ne connaissions pas. A la loupe nous pouvions lire de microscopiques symboles dans ce qui, de plus loin, formait des lignes ; à distance c’étaient les personnages et les paysages qui formaient d’immenses caractères.
Fut-ce l’usage immodéré et irraisonné de divers solvants, ou le mystérieux dessein de quelque transcendance, toujours est-il que la table commença à se dissoudre par le dessus. Des bubons et des tumeurs malsaines cloquèrent à même la matière en libérant d’écœurants miasmes. Des feux-follets émanèrent des écumes de cellulose pour gangrener l’atmosphère en flottant pareils à des boules de foudre nous obligeant à fuir les lieux.
De la table de Babel – ou table d’Enoch, comme nous la nommons indifféremment -, ne subsistent que quelques viscosités acides. De ma tante ne reste qu’une aliénée qui, désormais, frotte absolument tout et tout le temps dans l’attente désespérée de retrouver les frénétiques hermétismes trop fugacement entraperçus.

Table d’Enoch//Francis Thievicz ©

#0727.201018

Je m’étais trouvé un lieu assez éloigné de tout pour oser poser mon chevalet sans risquer de me faire déranger, et j’avais déjà écrasé quelques pigments lorsqu’un loqueteux remonta la colline, réclamant de sa voix rauque de l’eau. Lorsqu’il fut enfin assez proche je lui tendis ma bouteille sans avoir à quitter mon inspiration, mais il se pencha au-dessus de mon épaule, répandant ses miasmes en maugréant à propos de mes erreurs, de mon manque de talent et commentant la déficience présumée de mes yeux.
« N’auriez-vous pas mieux à faire, par exemple partir trouver un ruisseau où vous abreuver et vous laver sans avoir à m’importuner ?
– C’est que je viens de là-bas, et durant tout mon trajet je n’ai croisé âme qui vive, cela me fait plaisir de parler.
– Eh bien, deux ou trois heures de marche et vous ne souffrez plus la solitude ?
– Deux ou trois heures ? s’interrogea-t-il. Non, non, bien davantage, continua-t-il pour lui-même, bien plus mais combien ? Une vie, un éon ? Combien, combien de temps ? Combien de temps ? » hurla-t-il tout à fait noyé dans sa démence, arrachant des lambeaux de peau entiers de son visage, martelant son nez et ses lèvres de ses poings, pleurant pareil à un enfant.
Si je partis sur ses traces, ce ne fut pas par compassion pour ce misérable, mais parce qu’il avait volé ma besace et s’était enfui avec. Lorsque je fus sur lui il était déjà mort, déjà un immonde et pestilentiel cadavre à moitié décomposé.
Sur le chemin du retour deux heures m’étaient nécessaires pour parcourir ce qui, dans l’autre sens, était un pas. D’abord je comptai, puis, au bout de quelques semaines, à évoluer statiquement dans ce paysage monotone et dément, j’abandonnai mon calcul.
Des détails apparurent sur l’horizon et aux alentours, non des mirages mais bel et bien des éléments nécessitant de longues contemplations pour se révéler. Derrière les atomes d’air, sous certains replis de l’éther, des ombres aussi fugaces qu’informes rampaient sous ce soleil incarnat refusant de se coucher.
La plaine ondulait ; elle n’est pas aussi uniforme qu’on le penserait au premier abord : des gouffres et des monts l’habitent, des ondes la parcourent, des musiques la hantent, des choses la rongent.
Je ne suis plus de ce temps désormais, je suis du sien. Elle m’appelle et je la veux.

L’homme qui m’avait conté ce récit retourna d’où il venait, dérobant ma blague de tabac comme pour m’inciter à le poursuivre. Traitez-moi de couard mais je l’ai laissé faire et m’en suis retourné à ma vie prosaïque.

Lucifuges 3//Vid Nichtakovitch Toth ©