#0723.090918

« J’ai fait un sacré drôle de rêve : le cosmos y était infini, ponctué de zones vides séparant des univers plus ou moins autonomes ; mais l’espace n’avait véritablement pas de fin. Je m’y déplaçais en pensée, visitant tous ces mondes et me rendis compte que la nature infinie de la matière induisait que tout ce qui avait une probabilité infime ou douteuse avait, de fait, une réalité. Ainsi trouvai-je des univers exactement pareils au nôtre, ainsi en visitai-je seulement constitués de cartes à jouer ainsi formées par le hasard des molécules assemblées, ainsi en entendis-je de purs sons doués de pensées, ainsi en rencontrai-je dans lesquels les lois de la physique permettaient d’en corrompre d’autres.
– Et ainsi d’expliquer l’existence de phénomènes surnaturels autour de nous.
– Oui, et non. Là n’est pas le propos. Le fait est que, rendez-vous compte, l’infini signifie réellement que tout ce qui est envisageable, pourvu que l’on aille assez loin dans l’enchevêtrement de tout ce qui existe, est un fait réel. C’est vertigineux, effroyable, merveilleux ; rendez-vous vraiment compte !
– Je me rends surtout compte que vous être sous le choc de la découverte de ce que signifie cette notion d’infini que tout le monde manie mais que nul n’appréhende véritablement.
– Certes, mais moi j’ai enfin compris.
– Vous n’avez rien compris ! On vous a manipulé.
– Mais non ! Je vous affirme que l’infini, pourvu qu’il ne soit pas uniforme, signifie que tout ce qui a une probabilité a une existence. Je vais derechef me mettre à la mise en équation et en argumentation de cette découverte.
– Cette prétendue découverte n’en est pas une ! Que croyez-vous, que vous êtes le premier à vous être fait la remarque ? Vous n’avez pas les capacités de développer l’idée de manière cohérente et parfaitement argumentée.
– Et pourquoi donc ?
– Parce que je viens d’écraser entre mes doigts cette petite espèce inconnue que j’avais placée sur votre nuque hier soir pour en étudier les effets.
– Mais cela n’a rien à voir, je… je… Oh, et puis vous avez raison, je perdrais mon temps. »

La tique muse//Francis Thievicz ©

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