#0682.110718

Nous ne possédions aucune donnée à propos de ces ruines, ni photographie ni relevé topographique, nous n’avions pas le moindre témoignage à propos de ses pièges ni de ses aberrants arcanes ; et pour cause :
Après plus d’une semaine d’errance dans cette région hostile, suivant des guides de plus en plus hésitants, nous finîmes enfin par voir s’ébaucher ces étranges structures géométriques dont je présenterai, dans un futur rapport plus complet, les ébauches. Ceux qui nous accompagnaient refusèrent d’aller plus loin que la lisière du désert s’étendant alentours de l’antique cité, ricanant lorsque nous leur donnâmes rendez-vous le lendemain, nous mettant une dernière fois en garde contre les périls dont nous serions  victimes, sans pouvoir nous les décrire autrement qu’en désignant le ciel et le sol avec leurs majeurs dans une parodie blasphématoire du Baphomet templier – et que je ne compris que bien trop tard.
Si nos guides avaient ri, ce n’était pas parce qu’ils nous savaient condamnés, mais parce qu’ils étaient habitués aux traîtres effets d’optique de ces landes désolées : il ne nous fallut pas moins de trois jours de marche pour atteindre, à la nuit tombée, la proximité du premier monolithe périphérique – un bloc gravé haut de plus de soixante mètres.
Le bivouac fut rendu intolérable par le froid plus glacial qu’ailleurs et ces odieux bourdonnements d’insectes. Ne me reste que bien peu à ajouter à tout cela : aux premières lueurs je m’étais éloigné du campement, et, sitôt que le soleil eut entamé sa course céleste, projetant l’ombre du monolithe sur mes camarades, l’effroi m’obligea à fuir.
Comment narrer l’ineffable ? Comment décrire ces abysses de néant déployant leur vide aux faveurs de l’ombre aveugle ? Par quels moyens évoquer les noxieuses résurgences éthérées éclosant derrière les frontières de cette infernale métropole de cauchemars vésaniques ? Quels adjectifs utiliser pour souligner le caractère décadent, cosmique, écœurant, vertigineux, vibratoire, des mécaniques à l’œuvre ?
Les guides m’ont vu m’écrouler et m’ont porté secours. Ils m’ont ramené à la civilisation, ont glissé à mes hôtes que j’avais été victime d’une violente fièvre avant de disparaître.

Périmètre de l’impénétrable//Francis Thievicz ©

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