#0652.110618

J’ignore presque tout des ghoules mahométanes ou zoroastriennes ainsi qu’elles sont charriées par Eurus, mais je sais ce qu’il en est de celles de nos contrées pour les avoir observées lors de l’une des plus pathétiques démonstrations de niaiserie qui se puisse imaginer.
Dans une campagne encore épargnée par la bile moderne, un jeune noble trouva à son goût la fille analphabète et roturière d‘une sorcière descendant de certains oubliés du tribunal de Westphalie. Il l’épousa malgré tout ce que l’on peut se figurer de tracas, mais succomba bientôt à quelque fluxion de poitrine. Contre toute attente, avant même que le soupçon se portât sur sa femme impie, celle-ci griffa, gifla, cracha et maudit si bien qu’on ne put lui refuser de se faire inhumer vivante avec le cercueil du noble.
Je fus présent lorsque la bière fut scellé et mise en terre. A cette époque je logeais dans l’auberge jouxtant le cimetière de l’église, et, comme l’été était chaud et agréable, je me promenais nuitamment en espérant que ces sons étranges provenant de la nécropole étaient bien ceux de la femme enterrée vivante.
Combien de temps survit-on en dévorant les chairs et en suçant du sang caillé ? Combien de temps pour s’évader d’une telle geôle ? Une semaine plus tard, je vis une silhouette creuser une tombe fraîchement garnie pour en arracher le cadavre et s’en repaître.
Il serait inutile d’en dire davantage puisque je ne suis sûr de rien, car le lendemain je partis pour la capitale et ne puis rapporter que des extrapolations basées sur les articles de journaux bien connus.
Lorsque l’on se met un peu au fait de l’élaboration des faits historiques, des mythes et des légendes, de leur contrefaçon par le travail des âges et des scribaillons, on comprend que cette entité fantastique doit davantage tenir de ce dont je fus témoin que de quelqu’autre origine. J’ignore toujours ce qu’il en est des recherches dans le domaine de ces engeances nécrophages, mais que l’on se penche un peu sur ce fléau que sont les inhumations d’épouses vivantes avec leurs maris décédés…

De l’origine des mangeuses de chairs occidentales//Francis Thievicz ©

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