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J’avais trouvé sinistre le cimetière juif de Varsovie : pas âme qui vive dans ce jardin grisé par le crachin. Comme mes recherches étaient vaines, je choisis la facilité : au Radisson, je commandai un rabbin qu’on m’apporta sans poser de question — même si le maître d’hôtel eut l’indélicatesse de préciser qu’ici, c’était une denrée rare. Je ne lui donnai pas de pourboire.
C’était l’été et j’espérai l’orage. Sur ma mule recyclée, je chargeai mon religieux. Nous marchâmes à hue et à dia et parvînmes tout de même à Nozyk : quelle beauté, cette synagogue… J’attendis la nuit pour grimper sur le toit de la bâtisse ; je saucissonnai mon rabbin au-dessus du Magen David : il s’agitait tellement qu’il ressemblait à un coq sur pivot. Miracle ! Le ciel se noircit, et la foudre d’Adonai le grilla sur-le-champ.
Je griffonnai à toute hâte : « Tout corps de religieux fiché sur le crâne de Dieu servira de paratonnerre. »

Canines et Flore 64 : Serial theorems 4 – Le rabbin paratonnerre//Céline Maltère ©
Collage//Jean-Paul Verstraeten ©

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