#0560.110318

L’homme l’attendait. Il tenait une échoppe, dans les rues de la vieille ville, qui ne payait pas de mine. Dans une rue, dont tous les commerces avaient fermé. Le magasin était signalé par un simple panneau qui n’annonçait en rien la fonction de la boutique.
L’échoppe était totalement vide, des étagères dénudées et poussiéreuses, un comptoir sans rien dessus. Mais cela ne dérangeait pas ceux qui venaient y chercher de l’espoir.
Il tendit à l’homme une épaisse liasse de billets. En échange, il eut un sachet de poudre rouge.
Il regagna son appartement. Là, dans un geste circulaire, il répandit la poudre dans les airs.
Il ressortit et revint une heure plus tard avec un sac bourré de provisions.
Elle l’attendait, vêtue d’une robe flamboyante avec de la chaleur et de l’amour dans ses yeux, dans son sourire, dans son attitude toute entière à vrai dire.
« Tu es enfin là, mon chéri.
— Je savais que tu m’attendais.
— Je vais préparer le dîner. »
Elle le rejoignit et s’appuya contre le chambranle de la porte, le couvant du regard. Il l’observait du coin de l’œil. Il n’y avait jamais eu entre eux la moindre anicroche. Ç’aurait, de toute façon impossible, vu les conditions.
« Tu as passé une bonne journée ?
— Comme d’habitude. Beaucoup de travail… »
Il se rapprocha d’elle, et posa une main sur son avant-bras. Sa chair était tiède et élastique. Elle pencha son visage vers lui et ils échangèrent un baiser. Elle avait les lèvres douces et répondait avec ardeur.
Ce serait une excellente soirée.
Au matin, il se réveilla, encore plongé dans ses rêves d’étreintes chaudes et douces. Les souvenirs de la soirée et de la nuit.
Il tendit la main vers elle. Pour une confirmation. Ne trouva que le plastique froid. La poudre ne tenait que quelques heures.
Il se leva et alla se préparer pour aller au travail.
Quand il fut de retour dans la chambre, il attrapa le mannequin de vitrine, le déshabilla de la robe, avant de le déposer dans le grand coffre au pied du lit. Il le ressortirait une prochaine fois, quand il se sentirait trop seul, et irait se procurer un sachet de poudre.

Poussière d’espoir//Jérôme Bertin ©

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