#0557.080318

« Eh bien, Dralàk, je vous croyais comateux depuis les événements de la centrifugeuse de sonorités à reliefs désoctavés.
– Je suis tout à fait remis ! A ce propos, je cherchais à vous saluer lorsque j’ai trouvé dans votre bureau un dossier contenant une sorte de pamphlet.
– Faites-vous allusion à « … et la moquerie est notre dernier domaine de divertissement «  ? Un ramassis d’inepties comploté par quelque luron en manque de sensations.
– Pourtant j’ai pour ma part trouvé l’idée assez pertinente.
– Des sortes d’esprits éthérés qui joueraient à être inconstants en se faisant passer pour des spectres, des démons, des dieux, ou tout autre phénomène paranormal… Je trouve cela plutôt banal.
– Il y a pourtant là une explication sensée à toutes sortes d’événements. Rappelez-vous vos questions à propos de l’étrangeté du fait que les esprits puissent lire sans posséder d’organe visuel – et entendre sans organe auditif – , qu’il est douteux que l’âme d’un Japonais puisse communiquer par Ouija avec des Français, ou que, bizarrement, un Picte de l’ancien temps soit en mesure de comprendre l’anglais moderne.
– Comprenez, Dralàk, que ce n’est pas parce qu’une explication tient debout qu’elle est la bonne. A une équation d’un degré supérieur à deux il y a souvent plusieurs solutions valables, mais toutes ne sont pas efficaces lorsqu’on applique les variables nécessaires…
Dralàk, vieux bougre ! Où êtes-vous ? »
Inquiet qu’il fût victime de quelque séquelle conséquente aux événements dont il avait été la proie, je me mis en quête du vieux bouc crédule et ne le trouvai qu’après deux heures de recherches, toujours enfermé dans son caisson à sons négatifs, gardé par ses deux infirmières qui refusèrent d’accepter que j’avais pu discuter avec lui dans un autre bâtiment, me certifiant que la serrure n’avait pas été ouverte et qu’elles n’avaient pas quitté leur poste.
Il y aurait plusieurs explications à cela ; pour ma part je pense que nous devrions renvoyer ces infirmières et prévenir Dralàk que nous allons cesser de lui verser son salaire tant qu’il se la coulera douce dans son caisson insonorisé.

La preuve par Dralàk//Francis Thievicz ©

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