#0529.080218

Ce fut lorsque l’air commença à me manquer, la suffocation à me gagner, et l’acceptation de mon sort à remporter mon esprit, que je les sentis grouiller, parcourir mon corps en longeant le capiton velouté, me lacérer de leurs griffes acérées, humer ma peau et mon haleine pour me jauger en me frôlant de leurs fines moustaches. Mes hurlements ne furent que vains soupirs qui permirent à certains de planter leurs crocs dans mes lèvres et ma langue. J’en tuai deux en laissant ma mâchoire se refermer sur leur cou mais ils avaient fini par occuper tout l’espace de ma geôle mortuaire et me noyer sous leurs flots continuels.
Mes yeux furent parmi les premiers organes dont ils se délectèrent, puis la gorge et l’intérieur des cuisses, puis les joues et les bras, avant de ne laisser de moi qu’un vide.
Et par là où ils étaient entrés ils ressortirent, s’amassèrent autour de celle qui scandait d’impies incantations, et ils régurgitèrent dans les alambics. Des essences purifiées, des esprits clarifiés, elle recueillit un élixir versé sur l’idole de bois qui but la substance ; désormais je suis l’un de ses négligeables fétiches.

Solvo//Francis Thievicz ©

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