#0503.130118

Je rêvai d’abord que mon voisin de chambre, à l’Hôtel Des Deux Rives, était moribond mais déjà dévoré par les vers. Le lendemain il fut retrouvé mort.
Ensuite, durant une sieste, je courais avec mon chien qui se prit les pattes dans un piège à loup et se dévora les chairs jusqu’à une fatale exsanguination. A mon réveil il avait cessé de respirer.
Puis ce furent d’autres cauchemars qui me firent émettre l’hypothèse que mes songes avaient un certain pouvoir mortifère, même ceux que je faisais sans connaître l’image des personnes, surtout en imaginant le trépas de lecteurs qui m’écrivaient et qui recevaient mes provocations en duel et ma misanthropie avec un peu trop de désinvolture.
J’ai pris la décision de cesser d’écrire, c’est une activité trop ennuyeuse et je dois bien avouer ma médiocrité dans le domaine. La Verdière, passez le mot : je me consacre à l’ars moriendi. Quiconque souhaite faire exécuter quelqu’un (ou lui-même périr) peut m’envoyer d’honorables liquidités accompagnant une description de la victime.
Derechef, La Verdière ! Votre chat fut le premier et dernier avertissement. Mes songes sont aussi impatients de moi.

Songeur à gages//Francis Thievicz ©

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :