« Pourquoi ces hommes tournent-ils autour des lampadaires ?
— La lumière les attire. La nuit, ils sont perdus et ne savent pas quoi faire. Leur instinct les conduit ici.
— Où sont-ils le reste du temps ?
— Dans leur état d’hommes sans cervelle. Le jour, ils se nourrissent des nuisibles qui proliféraient en Asie et qui sont arrivés ici.
— …
— Il devenait impossible de se prélasser dans nos parcs et dans nos jardins ! Les pyrales dévoraient la végétation et les coccinelles paresseuses finirent par nous lasser ‒ nous avons mis dans des cartons toutes ces bêtes à Bon Dieu : « Retour à l’envoyeur ! ».
— Vous aussi vous comptiez leurs points ?
— Cela peut occuper une enfance. Enfin… Le système est écologique. Le jour, ces hommes sont cachés sous les feuilles et ils traquent les nuisibles.
— Ils vivent comme des insectes ?
— Ces grosses bêtes à vertèbres sont de drôles de papillons ! »
Et il éclata d’un grand rire. Comme l’interlocuteur restait dubitatif, il reprit :
« Ne vous inquiétez pas pour eux, ils n’ont pas connu autre chose. Tout du moins ils ne s’en souviennent pas depuis l’opération… Ils sont tapis dans les buissons, satyres en feu contre les pyrales ! Le seul inconvénient est qu’ils font peur aux femmes. »

Canines et Flore 53 : Pyrales du buis//Céline Maltère ©

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