J’explique au chef que je lui offre ce onar en remerciement de m’avoir hébergé. Il semble étonné que je lui parle ainsi alors que l’animal est encore bien portant. Pas pour moi. Il est déjà de la chair morte. Je vise sa tête flasque et je lui vide un chargeur dans l’œil. J’espère que les Galaniens n’utilisent pas cette partie du corps, vu qu’on ne va pas en récupérer grand-chose.
De fait, elle explose de la plus belle des façons. Le reste du corps émet des soubresauts. Nous pouvons nous approcher sans crainte. Les Galaniens me congratulent de grandes tapes dans le dos. Aujourd’hui, je me suis fait plein de copains. On découpe l’animal, on met les morceaux sur un radeau de bambou confectionné sur place et on ramène tout ça au village.
A mi parcours, nous entendons des craquements derrière nous. C’est un autre onar qui devait être copain avec celui que nous avons découpé, à moins qu’il n’ait été benoîtement attiré par l’odeur de la viande. Il fonce droit sur nous, bien décidé à nous faire payer notre assassinat. Je demande à Kattar si il a assez de viande.
Comme il me répond oui, je prends une grenade à pression et la balance dans la direction du monstre qui se répand sur cinq cents mètres à la ronde.
— J’espère qu’il n’avait pas d’autres copains.
— Non, ils se déplacent uniquement par deux. Comment vous savez que votre machine allait exploser sur le onar ?
— C’est une grenade aimantée à la chaleur. En fait, il y a deux positions, l’autre est aimantée sur le mouvement. Je vous en laisserai une caisse au cas où vous auriez des ennuis.
Le soir venu, on fait un immense feu et les Galaniens mangent du onar toute la nuit. Le reste est grillé et stocké entre des couches de feuilles qui le conservent. Zerlinia est partie vers un autre village et moi-même je fais mon paquetage. Je fais mes adieux à Kattar et je lui laisse un émetteur afin de pouvoir me contacter si jamais un jour il a besoin de moi. Il me donne un sac de viande grillée et une griffe du onar que j’ai tué, conformément à la tradition. Elle est entourée d’une peau afin que je ne me coupe pas avec et me voilà reparti.

Les Archives Lumière 0.45//Francis Péhot ©

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s