vase

Pour la séduire, il avait lu tous les manuels : on conseillait des fleurs, de la patience et des présents. Honorine le toisait et, se sachant aimée, elle redoublait de cruauté. Pour s’amuser de lui, elle disait :
« Donnez-moi votre cœur !
‒ Il est à vous !
‒ Vraiment ? Donnez-le-moi. »
Cela n’en finissait pas… Il le lui aurait livré sur un plateau s’il avait été sûr du résultat. Toutes les métaphores y passèrent : ramenez-moi la lune, déplacez des montagnes… Elle se riait de lui. Mais ce cœur qu’elle réclamait, il fallait en faire quelque chose !
Cet amant était riche. Il aurait pu, dans son élan, se faire ouvrir le torse et émerveiller Honorine, mourir pour vos beaux yeux, madame. Or il était aussi un homme de science : cet organe qu’il lui eût sacrifié n’aurait même pas fini dans un bocal ! Alors, il réfléchit longtemps, tenta des expériences sur les bovins pour se rapprocher d’elle.

Mais quelle idée eut-il de greffer son cœur à un pot de chambre ?

Canines et Flore 48: Le vase de nuit 1//Céline Maltère ©

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