odn

Je n’ai jamais eu peur des fantômes.
Quand je montais chez eux, qu’il était encore tôt, je ne les voyais pas. Depuis longtemps, ils ne dormaient plus. Ils étaient assis dans le noir, attendant le lever du jour.
Je n’osais pas les questionner. La première fois, je voulus allumer la lumière : ils se mirent dans une colère noire : le coût, l’éblouissement, que sais-je ? Je violais leur obscurité.
L’hiver, cela durait entre quatre heures et l’aube. La pièce était glacée.
– Nous attendons. Si tu savais comme on est bien.
Je me voyais dans mon cercueil, les yeux ouverts, à parler dans le vide, et j’étais terrifiée.
– Allumez une bougie !
Je fus fouettée par un rire d’effraie.
Au bout d’un moment, ils marchaient, dans une sorte de sur-place qui défiait l’imagination.
Sur le matin, ils devenaient enfin des ombres. Prestidigitation ! Ils enviaient les aveugles et les prouesses des somnambules.

Canines et Flore 47 : Oiseaux de nuit//Céline Maltère ©

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s