À l’ère des hautes technologies, j’avais envoyé à une obscure revue littéraire, nommée singulièrement, «La Blatte Antéchristique», un manuscrit. C’est-à-dire un « vrai » manuscrit, écrit à la main. Non seulement j’avais été édité, mais en plus on en redemandait. Au fur et à mesure, bien que m’étant appliqué sur mon premier manuscrit, la nature reprit ses droits, et ceux qui suivirent, devinrent de plus en plus illisibles, pourtant on continuait à me publier. Puis, mon écriture devint à tel point merdique, qu’à un moment je m’aperçus que j’avais grand mal, quand j’y parvenais, à me relire, à comprendre ma propre et « immonde » écriture. C’est alors que je commençai à faire des faux, c’est-à-dire, à envoyer des pages remplies de « zigouigouis » purement abstraits imitant un texte. Pour autant, on continua à me publier. « Soit, me dis-je alors, j’écris de façon subconsciente et automatique, soit je me suis trouvé un nègre malgré lui et/ou moi, chez cet éditeur, ou alors, je n’ai, et/ou n’avais, jamais, rien écrit… à moins que, ce qui est fort possible, à moins que «La Blatte Antéchristique», n’ait jamais existé ! Et je suis dans une fiction, un texte qui est le fruit du cerveau dément d’un auteur underground, qui tente désespérément de trouver la fin la moins pire possible, à son histoire improbable… tiens, et si je tentais moi, d’envoyer cela à « la Blatte », qui sait si elle ne le publierait pas…

La Blatte Antéchristique//Pascal Dandois ©

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