Les troupes des deux camps se massent dans cette région, non pas pour prendre la ville qui en soi n’a aucun intérêt, mais pour s’emparer de la mine. La matière première dont regorge les entrailles de Sébastopol est le vrai enjeu de cette guerre. Sans lui, Horres serait resté dans sa retraite dorée sur Terra Nova. Alors que je rampe pour regagner ma tanière, je sens l’acier froid d’une arme de poing contre ma nuque.
Un soldat mécanisé me tient en joue, mais il ne tire pas. Il ne me parle pas non plus. Il reste là, immobile, à attendre je ne sais quoi. Il doit appartenir aux troupes révolutionnaires. Je le contourne et ouvre son capot. Ils se sont fait refiler de la très mauvaise qualité. Soit il a été blessé au combat, soit ses circuits ont grillé d’eux-mêmes.
Je prends les pièces détachées qui me semblent récupérables et je rentre à l’hôtel avec le contenu d’un distributeur automatique de sandwich pas trop vieux. Avant de quitter mon ami en ferraille, je le piège abondamment. Le prochain qui le touchera sera décomposé en petits morceaux dans tout le quartier.
J’explique à Sarah ma théorie de la prise stratégique de la mine. Elle a l’air d’y croire. Du coup, on abandonne la cave pour s’installer sur le toit. D’ailleurs le danger s’éloigne au bout de quelques jours. Je ressors vers l’entrée de la mine afin de voir quelle est l’équipe qui a gagné. A priori ce sont les gouvernementaux. Je me constitue prisonnier et demande à parler à un responsable. On m’entraîne vers le nouveau directeur de la mine.
— D’après ce que vous dites, vous travaillez directement pour Horres.
— Je suis le garde du corps de sa fille.
— Elle est ici ?
— Oui, je peux vous emmener jusqu’à elle si vous ne me croyez pas.
— Nous aimerions alléger votre fardeau en prenant en charge la protection de Mlle Clara Beltégeuse.
Le gradé est petit, trapu, il a l’air biologique. Il est entouré de mécaniques qui ont l’air d’être dans le même état que celui qui m’a mis en joue tout à l’heure. Conclusion, soit ce mec est très bête, soit je suis face à des troupes révolutionnaires qui veulent récupérer la fille d’Horres pour l’utiliser comme monnaie d’échange.

Les Archives Lumière 0.32//Francis Péhot ©

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