série#02LAL.031

Je passe mes journées sur le toit de l’hôtel, à allumer sans discernement au fusil à lunette tout ce qui s’approche de notre quartier. Comme les vaisseaux spatiaux des deux camps et les navettes ne me calculent pas, je les laisse tranquilles. J’ai bâché ma navette et néanmoins installé un lance-fusée anti-aérien de fortune portable. Si un engin s’approche trop près de mon hôtel miteux, il y aura droit. D’ailleurs, l’un d’eux vole vers moi en fumant et en clignotant de tous les côtés.
Comme il est en perdition, je le laisse s’écraser à quelques blocs de là. Sarah me rejoint régulièrement et critique mon manque d’attitude chevaleresque.
— Désolé Sarah, je ne suis pas Igor6. Je ne suis qu’un immonde malfrat. Si je n’étais pas chargé de ta sécurité, je serais en train de piller tout ce qui a une valeur dans les rues incendiées.
— Je n’en crois pas un mot. Tu te donnes des airs, mais au fond tu n’es pas comme ça.
— Tu te trompes.
Tout en disant cela, j’envoie une roquette thermique sur un mécanisme à roulettes venu en reconnaissance visiter mon quartier. Il explose et s’enflamme bêtement. Ses chenilles arrêtent de rouler définitivement en faisant des gerbes d’étincelles ma foi tout à fait sympathiques.
En fait, j’aime pas les mécaniques. Contre l’avis de Sarah, je tente une sortie. Je veux voir ce qui se passe un peu plus loin que mes trois ou quatre blocs de maisons. De plus, il ne reste plus rien à becqueter dans l’hôtel. Je récupère un lance-roquettes portable, un fusil d’assaut à plasma et diverses bombes de ma composition.
Dehors, je ne suis pas déçu de ma sortie. On dirait que les deux armées se sont retrouvées dans cette petite ville minière. Tout le monde est là. Les mécaniques, les biologiques, les vaisseaux, les engins à chenilles. Vraisemblablement ni Horres ni Ikant ne veulent utiliser d’arme de destruction massive, vu qu’ils veulent récupérer les infrastructures en état de marche. Du coup, c’est la guerre de rue. Tous se tirent dessus pratiquement à bout portant.
Et je suis en plein milieu. Je n’ai même pas une fausse carte de presse sur moi pour leur faire croire que je suis journaliste. En fait, aucun des deux partis ne se préoccupe de moi. Ils sont bien trop occupés à se tirer dessus. Grâce à mes jumelles lentilles je peux voir ce qui se passe à quelques murs de là. Et puis d’un coup je comprends. Les combats ne vont pas arriver jusqu’à mon hôtel. Ce dernier n’est pas du tout calculé par les belligérants.

Les Archives Lumière 0.31//Francis Péhot ©

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