Il était un roi et une reine qui habitaient un beau et grand et majestueux château avec des donjons violets et des douves pleines de lotus roses et des murs peints et parés de riches tapisseries. Mais la princesse pleurait souvent car elle n’avait pas de petit prince à offrir pour héritier à son mari. Alors elle pria sa païenne de suivante de convoquer des fées, et ce qui devait passer se passa : une nuée dorée apparut dans l’heureux ciel d’automne et d’éthérés carillons carillonnèrent.
Nul besoin de narrer ce qui se trama lors du rassemblement, qu’il suffise de savoir que quelques semaines plus tard les linges de la princesse n’étaient plus gluants ni sanglants comme à chaque fin de mois lunaire, et son ventre était de plus en plus bombé.
Mais à un héritier il y avait un prix à payer, et lorsque la reine se libéra de son nouveau-né elle trépassa.
Alors le roi affligé alla l’enterrer malgré que tout le monde, sans pourtant oser le lancer au royal visage, pensait que c’était là mauvaise chose. Puis il cracha sur la fraiche tombe sur laquelle il s’était affairé, puis il battit des mains pour les débarrasser de l’infâme boue dont elles étaient souillées, puis quand il entendit les pleurs de son enfant sous la fraîche terre, il se retourna vers le cadavre de sa femme qu’il avait posé contre un arbre et lui fit signe que le matricide avait été vengé.

Conte heureux//Francis Thievicz ©

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s