Les faits sont là, les voilà :

Ce soir-là, Marthe Grandvillier avait été invitée par son amie Madeleine Martin, comme elle vieille-fille sexagénaire. Elle s’est couchée dans la chambre d’amis après avoir verrouillé la porte. Les volets étaient fermés, elle avait à sa disposition deux chandelles, une lampe à pétrole presque pleine et une boîte d’allumettes à moitié remplie.
Le lendemain matin, Madeleine Martin frappe à sa porte mais ne reçoit aucune autre réponse que des sortes de gargarismes (selon ses propres termes). Elle ne s’inquiète qu’à 10 heures, heure à laquelle elle se rend chez son voisin pour lui demander de l’aide. A 11 heures la porte est forcée. A midi la police établit le rapport et décrit un lit défait au milieu duquel baigne une masse bouillonnante, nauséabonde, translucide et verdâtre comparable à une immense glaire. Trois yeux humains encore frais sont retrouvés dans un tiroir. Au pied du lit, deux chaussures remplies de chapelets et de crucifix. Aucune trace de sang. Après être sortis quelques instants pour recevoir leurs collègues et les mettre en garde, les premiers agents arrivés découvrent que la scène a évolué et que désormais les murs sont lacérés comme si des ongles y avaient gratté. Sur le rebord du matelas, court une longue déchirure de laquelle suppurent des fluides visqueux.
En fin d’après-midi, le sol de la chambre cède et une émanation de gaz oblige à évacuer les lieux ainsi que les habitations du voisinage. Un nuage lumineux se forme durant la nuit à l’aplomb de la maison de Madeleine Martin.
Certains témoins iront déposer quelques jours plus tard, Marthe Grandvillier serait toujours vivante bien que la police n’en trouva jamais trace. Les différents témoins qui l’ont aperçue la décrivent comme évanescente, fantomatique, nue, laissant derrière elle un écœurant parfum, ses pieds nus ne touchant pas le sol.
Madeleine Martin sera trouvée morte, molestée et écartelée le lendemain des faits dans la cellule qu’elle occupait au poste de police. Sa main droite ne sera jamais retrouvée.
Les faits nous sont donc connus, quant aux explications…

L’énigme Grandvillier//Francis Thievicz ©

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