Je m’empresse de ne pas me présenter à eux. Practinant est dans un coin de la salle. Il fume les feuilles d’une plante sébastopolienne qui a tendance à répandre une odeur de chou rose. Elle provoque d’ailleurs des volutes mauves dans cette pièce aux tentures ocre. Au plafond, des lampes flottantes projettent divers paysages bucoliques aux couleurs fluorescentes, histoire de donner un air champêtre au cocktail.
Il y a même une musique d’ambiance jouée par un quintet de mécaniques qui reprennent de vieux standards de la musique ionique de mes jeunes années.
— Alors, mon frère, on se décide enfin à rejoindre notre équipe ?
Un biologique jeune s’approche de moi et me prend par l’épaule.
— Sais-tu, mon ami, que tu as déjà des rues qui portent ton nom ? Tu es un héros national ici. Il est temps pour toi d’en profiter.
— Pourtant, je n’ai pas fait grand-chose.
— Détrompe-toi. En enlevant la fille d’Horres, tu as prouvé à toute la population que non seulement ce dernier n’était pas intouchable, mais qu’en plus on pouvait changer le cours des choses, que dis je, qu’un seul individu déterminé pouvait tenir tête à toute une armée de mécaniques !
— Je n’ai fait que mon travail.
— Tu aurais pu dès ta première mission travailler avec les équipes en place. J’ai bien étudié ton dossier. Tu as toujours fait le choix des opprimés. C’est vrai que tu te faisais payer, mais il faut bien vivre n’est ce pas ?
— Vous êtes Ikant ?
— Lui-même en personne.
— Ce n’est pas du tout ce que me disent mes fiches.
— Je sais, nous mettons en avant un mécanisme esquinté qui nous sert d’homme de paille. Nous faisons courir le bruit qu’il est à l’article de la mort et tout le monde s’accroche à cette description.
Ikant me présente à sa garde rapprochée constituée de biologiques, et puis il me présente ses divers conseillers, y compris Practinant qu’il a mis aux affaires avec les autres planètes.
— Ne tournons pas autour du pot. Je te propose un poste à la sécurité de la planète, tu voyageras pas mal, tu installeras des bases de protection aux quatre coins du système, tu auras carte blanche et crédit illimité. Mais attention, il faudra me fournir des factures.
Tout son entourage éclate de rire.
— Alors, vous êtes intéressé par l’offre ?
— Bien sûr, je n’ai plus l’âge de barouder. Il me faut un travail fixe et moins pénible.
— Affaire conclue.
— Dès demain tu visiteras ton bureau et nous te présenterons te conseillers.

Les Archives Lumière 0.28//Francis Péhot ©

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s