Quel folklore ! Boulet au pied et maillons qu’on agite à travers les longs corridors, errements dans les manoirs en ruine ; hululements d’outre-tombe pour n’effrayer personne et réveiller les rats ; et drap blanc sur la tête !
Lui, il vagabondait, semblable au mort qu’il fut, quand l’employé des pompes funèbres lui avait scié les jambes : « Il n’entre pas, il est trop grand ! » Ô doux remède de la scie circulaire ! Deux tibias rehaussés d’un pied tombent lourdement au sol… Maintenant, le défunt tient dans le cercueil.
Alors, que faut-il faire, quand l’âme s’est envolée ? S’envelopper dans un suaire et postillonner à la lune ? Il préfère apparaître, debout sur ses moignons, tenir comme les branches d’un guidon ses jambes mutilées et rire de son infirmité. Terroriser, hanter au point que la victime, jadis le criminel, passe aux aveux… et qu’on l’exhume !

Canines et Flore 43 : La fantôme apode//Céline Maltère ©

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