Certains d’entre vous parmi les moins critiques et les plus manipulables réfutent l’idée d’éther et veulent croire que le temps et l’espace sont indissociables ; quelle idée ridiculement lamentable !

J’étais en quête de vérité et de pureté, ce qui s’assimilait à une crise métaphysique. Etait venu ce fougueux temps de la vie, durant lequel mon inclination gravita vers les sphères mystiques sans pour autant trouver de quoi satisfaire ses penchants sous l’égide de quelque dogme connu.
Je méditais, je songeais, je partais en aventures intérieures si longtemps, si profondément hors des strates des apparences, que je finis par délaisser toute forme prosaïque pour ne plus dialoguer qu’avec les idées et les concepts ; mais l’esprit n’est qu’une forme incomplète du corps, tout autant que le corps n’est qu’une forme incomplète de l’être.
Lorsque je ne méditais pas, je subvenais aux besoins biologiques les plus impérieux consistant à me nourrir et à me laver. Ce fut au cours de ces besognes que je remarquai la disparition de certains éléments de mon logis. D’anodins bibelots d’abord, puis une table et des meubles de rangements, ensuite ce fut le tour de mon lit, des robinets, de la fenêtre et même du paysage. Tout ceci se passa de manière si pernicieuse, sur une si longue période, que, dans l’ascétisme dans lequel j’évoluais quotidiennement, je n’y portais que la plus nonchalante, désintéressée et détachée attention.
Je voulais me détacher de tout, mais je ne réussis qu’à me défaire des tentacules du temps.
Fussent les liaisons électriques de mon cerveau, le hasard ou l’effet de quelque force encore inconnue de mon peuple ? Toujours est-il que je quittai le cours du temps, par l’âme et par le corps, je stagnai ici, en ce point précis de l’univers, parcourant l’avenir après que ma planète, dans son insouciant mouvement cosmique, eut quitté le lieu où j’existais encore, jusqu’à ce que votre pitoyable Terre passe assez proche pour que je me renchaîne au présent. Avant cela j’en ai visité d’autres, des mondes navrants, mais le vôtre est celui qui convient à ce que je veux m’infliger pour avoir voulu trouver ailleurs que dans le trépas la vérité.

Le temps passe, l’éther reste//Francis Thievicz ©

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