Certains argueront de la simple persistance rétinienne agrémentée d’une évidente neurasthénie, d’autres évoqueront une hygiène de vie de romantique composée de périodes d’anémies, d’insomnies, d’empoisonnements et de troubles psychiatriques. Il n’en est rien ! Cet homme était certes quelque peu émotif pour avoir trop arpenté les délicatesses de l’imagination, quelque peu malnutri pour avoir refusé d’être asservi par un emploi régulier, quelque peu alangui par une énergie majoritairement dirigée vers l’intérieur, mais il n’était que normal, aussi normal qu’un animal doté d’esprit peut l’être.
Il s’était allongé pour ses dévotions à l’art de la sieste, et une minute devait déjà avoir passé lorsqu’il vit cette ombre blanchâtre derrière ses paupières. Surpris, mais rompu aux fantaisies, il refusa d’ouvrir les yeux et observa, scruta, analysa. C’était une forme géométrique trapézoïdale, comme une fenêtre vue selon un angle étrange. Il tenta de s’en approcher mais en fut incapable car elle n’était ni une chimère ni une démence.
Ses paupières s’ouvrirent pour lui permettre une seconde de vérifier, et il n’y avait aucune lumière parasite dans la pièce enténébrée, aucune forme similaire à celle visible alentour lorsqu’il joignait ses cils, et il était parfaitement réveillé.
Tentant de s’habituer à ces conditions d’observations il patienta et put discerner des flots empruntant la voie de cette mystérieuse ouverture dans le néant. Des formes complexes et diffuses se répandant tout autour de lui.
Immobile, incapable de fuir autrement qu’en rouvrant les yeux, il garda vaillamment son poste à cette indescriptible place de guet.
Ensuite s’écoulèrent quelques minutes avant… Eh bien vous pensez vous en doutez… Oh non, vous vous trompez ! Il n’a pas disparu et n’a pas été retrouvé dans le coma, non ! Il n’est ni mort ni vivant. Allons, allons, la vérité est bien plus insolite, mais j’arrive à la fin des 2000 caractères exigés par Les deux Zeppelins et ne peux vous délivrer l’incroyable dénouement. Tout de même, c’est bien dommage, car vous auriez été ébahis.

Hélas//Francis Thievicz ©

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