Bref, je dois liquider un mec qui est plus mécanique que biologique, qui est peut-être mort, ou du moins en très mauvais état, et dont les diverses opérations et formations militaires en ont fait un malade mental grave. Celui-là, je vais l’abattre par pitié. Peut-être me demandera-t-il de mettre fin à sa triste existence. Au bout de deux ans, je me fais décongeler par deux charmantes hôtesses et je rejoins l’hôtel où nous nous sommes donnés rendez-vous avec Sarah.
Nous sommes dans une petite cité minière de province, dans un établissement quelconque. Le patron est un mécanique assez ancien qui se fout de nous comme de sa première vidange. Ici, personne ne reconnaît le visage de Sarah, vu que la population ne sait même pas que l’ancien président avait une fille. Pour dire, il n’y a même pas de média holographiques dans les chambres.
— Notre hôtel a été installé pour les ouvriers qui travaillaient dans les mines avant d’être tous remplacés par des machines de troisième génération. Le soir, ils étaient trop fatigués pour regarder les écrans. Quant aux mécanismes, on les sort du hangar lors de leur mise en service, ils descendent dans la mine et n’en remontent que pour partir à la casse. Du coup, notre hôtel est désert.
— Pourquoi vous restez ouverts alors ?
— Tant que mon concepteur ne me débranche pas et qu’il y a de l’énergie dans mes batteries, je fonctionne.
Si on nous trouve ici, c’est que vraiment nous n’avons pas de chance. A moins que le père de Sarah ne me trahisse pour se débarrasser de moi avant de reprendre les commandes de sa planète. Je prends une navette pour Cybercity et je laisse Sarah se morfondre dans cette charmante bourgade minière.
Je reste en contact avec elle par holophone sur une liaison permanente cryptée. Je me lâche dans le même hôtel que la dernière fois et je passe un message à mes anciens camarades sur le réseau universel. Le numéro ne correspond plus à rien. Il me reste la vieille technique de la petite annonce que je passe dans les médias locaux. Je laisse les coordonnées d’une boîte vocale.
Au bout de deux jours, j’obtiens un rendez-vous dans un bar du centre. Ce dernier est spécialisé dans toutes les formes de salvas qui peuvent se décliner dans les coktails à la mode, reste de l’époque où les deux planètes étaient encore amies et échangeaient leurs productions, le minerai pour Terra Nova, la Salva pour Sébastopol. Je pense sincèrement que ces derniers se sont fait salement avoir.

Les Archives Lumière 0.25//Francis Péhot ©

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