Elle était là, dans le fond de la cour – reconnaissable entre mille. Elle résistait difficilement à la rouille et aux mauvaises herbes. Le gars est sorti de son atelier, en s’essuyant les mains d’un geste de garagiste fatigué, qu’il avait probablement appris dans un film ou une série américaine. (Curieux, comme un geste vous plante une profession.)
« Si vous reconnaissez cet engin, vous savez aussi à quoi il sert », dit-il malicieusement.
Je ne pouvais que le savoir. Je ne savais que ça. Une M-15 à double impulsion, une bécane mythique, prête à vous emmener n’importe où dans le passé ou dans l’avenir. Un engin de légende. Que faisait-elle là ?
« Je peux vous la vendre, dit le pseudo-garagiste, mais ne vous attendez pas à des miracles…
– Ah non ?
– Elle a un peu trop roulé sa bosse, disons. Elle ne vous emmènera pas plus loin que cinq ans…
– Vous en êtes sûr ?  »
Ma déception était patente.
« Oh oui, j’en suis sûr. C’est vous qui me l’avez refilée il y a cinq ans, après l’essai que vous vous apprêtez à faire, là maintenant. »

La double impulsion//Pascal Blondiau ©

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