peauDans la vitrine de la friperie, de belles peaux de cadavres humains étaient suspendues sur les cintres. En réponse à la nouvelle loi sur le recyclage, les familles endeuillées pouvaient ainsi participer à la réduction du volume des déchets en réintroduisant dans le cycle de la consommation les costumes de chair de leurs proches — père, mère, frère, sœur, enfants — trop tôt disparus.
Le commerce de ce prêt-à-porter permettait à la clientèle de s’offrir, à moindre coût, le vêtement d’épiderme d’un jeune homme sexy ou le cuir tanné d’une femme de préfet, digne le jour, cougar la nuit, et ainsi renouveler sa garde-robe — être dans la peau d’un autre, vieux rêve de l’humanité.
Ce business devint soudainement très florissant après l’extermination des extraterrestres, avec la demande sans cesse croissante des clients des prostituées, qui n’avaient pour seul fantasme que de les voir affublées de la peau des Vénusiennes, pour les caresser de leurs huit tentacules à ventouses.

La peau//Patrick Boutin ©
Illustration//Olivier Texier ©

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