« Comme il fera bon demeurer avec ton Ka, à tout jamais ! »

Dans la brume, ils dansaient ; l’astre veillait sur leurs corps d’huile. Les harpes et les flûtes invisibles rythmaient les gestes des danseurs dont les claquements de doigts faisaient vibrer les fleuves.
Un chacal, un babouin, un faucon et un homme repoussaient les mauvais esprits, dans une ronde de quelques heures arrachées à la lune. Dans leurs mains, ils tenaient les viscères d’une femme – Kaouit, la jeune mariée morte en son lit de noces.
Personne ne les voyait, ces fils d’Horus vêtus de pagnes, couverts de bracelets pour la fête. L’œil d’un dieu stridulait un air de danse funèbre.
Le nuage qui voila la lune annonça la fin de la nuit, et les créatures s’affolèrent, cherchant le trou de leur repaire : elles s’immiscèrent entre les pierres d’une pyramide.
Elles regagnèrent leur faïence, après avoir posé avec délicatesse l’organe qu’elles protégeaient au fond d’un vase. Puis elles disparurent à leur tour, couchées sur les poumons, le foie ou l’estomac de la belle endormie, dont seuls les intestins donnaient du fil à retordre au hiéracocéphale.

Canines et Flore 34 : Le philtre 2 (La mort de Kaouit)//Céline Maltère ©

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