« Prends une coupe ;
Emets un souffle avec ton nez
Et prononce : Pkechps !, le mot magique. »

Il avait arraché au cadavre une poignée de cheveux, qu’il avait mélangés aux pépins de pomme et aux grains d’orge. Mais, pour accomplir son dessein, il avait besoin d’autre chose qu’il trouva avec peine, après avoir examiné les selles des chiens de la cité, ramassé des dépouilles de chacals dont il ouvrit les intestins. Au bout de plusieurs semaines, il mit la main sur un grand ver, un parasite plus beau que d’ordinaire, issu d’un superbe chien noir ! Il était très fier de sa trouvaille.
Il fit couler le sang jaune de ce ver qu’il dépiauta avec délicatesse et dont il enveloppa la peau dans une bande de toile qu’il attacha à son bras gauche. Quelques gouttes de son propre sang tombèrent dans la mixture qu’il arrosa de vin. La potion était prête : Kaouit allait l’aimer !
Il invoqua les dieux, répétant la formule jusqu’au jour du mariage.

Mais la femme qui le rendait fou s’avançait vers un autre. Il n’était que le paranymphe, la troisième roue du char et, voyant ses yeux fous, elle avait refusé de boire la coupe qu’il lui avait tendue pendant la fête.
Il avala le vin que la mariée avait dédaigné et pria Anubis pour que Kaouit mourût vite ; puis, fixant son bras gauche, il supplia Heket de la réincarner en chien, et lui en parasite.

Canines et Flore 33 : Le philtre (Les noces de Kaouit)//Céline Maltère ©

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