série#02LAL.016

— Impressionnant, n’est ce pas ?
— Oui, j’avoue que j’ai pas mal bougé dans ma vie, mais celui-là me dépasse.
— A moins qu’il ne soit comme vous, seulement une légende.
— Non, moi je suis bien réel.
— Lui se nommait Igor. Il fut le premier à quitter Terra1 et choisit de s’installer ici. Il passa sa vie à se battre contre les locaux, contre les maladies, contre les nouveaux arrivants qui avaient d’autres idées que lui sur l’avenir de cette planète. A la fin de son règne, il n’y avait plus un seul Drolls sur la surface habitée, les marais poisseux avaient complètement disparu et tous les renégats qui avaient débarqué étaient morts et enterrés.
— Tous sauf lui, le plus grand des scélérats.
— Ne vous moquez pas Bob, la proposition que vous m’avez faite est à l’image de la vie de cet Igor.
— Pas du tout, il s’agit juste d’un contrat banal comme j’en ai exécuté des dizaines. Je vire l’équipe en place, vous me payez. Je rentre chez moi.
— Vous n’avez plus de chez vous.
— Comment ça ?
— La milice stellaire a accepté de passer l’éponge sur vos anciennes frasques mais elle a confisqué tous vos biens pour rembourser les familles des nombreuses victimes que vous avez disséminées au cours de vos pérégrinations.
— Tu parles, ces véreux vont tout se garder pour eux.
— C’est peut-être vous qui avez raison, mais cela ne change rien à votre condition. Vous ne possédez plus rien.
Je m’assieds sous le choc de la nouvelle.
— Et Gwin, mon mécanisme personnel ?
— Il a vraisemblablement été vendu aux enchères cosmiques qui se tiennent à la fin du mois galactique. Vous pourrez toujours le racheter et le faire venir par colis express.
— Vous voulez dire qu’il arrivera dans cinq ans ?
— C’est bien ça.
Horres est mort de rire. En fait, avec sa fille, ce sont des marrants tous les deux. Comme il est quand même humain derrière son côté politique, il ordonne qu’on m’apporte un remontant. C’est, bien sur, à nouveau un liquide verdâtre, à part que ce dernier a macéré, s’est décomposé et a créé naturellement – si on peut dire – de l’éthyl. C’est encore plus infect que le vert nature de ma geôle.

Les Archives Lumière 0.16//Francis Péhot ©

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :