Nous avions pris le train pour Londres, mes sœurs m’ayant proposé pour mon anniversaire, un petit voyage muséal au Tate Muséum.
Cela faisait un bon quart d’heure que l’Eurostar était entré dans le tunnel sous la Manche, quand tout à coup, toute lumière disparut. Puis il me sembla, dans ce noir profond, que le train avait, dans sa course, comme formé, brutalement, un angle droit, ou presque, vers le bas, jusqu’à la limite d’une chute libre.
En d’autres termes, j’avais l’impression qu’on s’enfonçait, au milieu des cris des voyageurs, à une vitesse folle, me collant quant à moi à mon siège, vers quelques profondeurs « Jules Verniennes ».
Quand la lumière revint, et que les choses se furent à priori normalisées, à travers la vitre du wagon, je vis cependant le spectacle extraordinaire, au moment où nous traversâmes une énorme grotte illuminée par des champignons phosphorescents géants, qui avaient poussé au centre d’une forêt de stalagmites cristallines, le spectacle extraordinaire de lombrics gigantesques par centaines, filant, sortant et entrant en tous sens avec la rapidité de locomotives modernes, dans d’innombrables et obscures galeries caverneuses.
J’allais jusqu’à me demander si nous même, n’étions pas transportés à l’intérieur de l’un de ces incroyables ver-de-terre… Puis, nous replongeâmes dans un noir absolu… En gare Saint Pancraces, à Londres, je n’étais pas si sûr que ça, d’avoir rêvé.

Le train de l’au-deça//Pascal Dandois ©

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