On le crut d’abord rapetisser, mais ensuite on put expliquer que c’était surtout dû au fait qu’il arrivait toujours à se placer de telle sorte qu’il provoquait un effet de trompe-l’œil, un peu comme lorsque la Lune est modeste lorsqu’elle est haute dans le ciel, comparativement à lorsqu’elle effleure l’horizon et paraît disproportionnée.
Ceci précisé, on tenta de l’interroger, de lui demander des explications. Au début il tenta de répondre, mais d’une voix si légère et basse que rares furent ceux qui comprirent vraiment chacun des mots de ses métaphores.
Même lorsque nous tentions de former un cercle autour de lui avant de nous rejoindre, il restait inatteignable.
La vérité était que plus le temps passait plus il allait loin, plus il était hors de tout, prenant distance de chaque chose, s’éloignant dans les confins les plus reculés de l’espace, jusqu’à se trouver si éloigné que nous ne le vîmes plus.

Lointain//Francis Thievicz ©

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