série#02LAL.013

— Salut Bob, tu veux faire une partie ?
— Désolé, je ne parle pas le terra novien.
— Y a un traducteur simultané, tu peux y aller.
Je finis par accepter. On met trois machines au départ. Sarah joue en premier, bientôt rejointe par la machine de son père. La mienne part carrément à l’opposé de leur position après avoir fait de ridicules arabesques dans l’herbe du parc car elle est équipée d’un traceur.
— Le traducteur a vraisemblablement un problème d’orientation.
— Ou alors c’est toi qui es fâché avec la cartographie, rappelle-toi les détours que tu as faits pour atteindre la première planète lors de mon enlèvement.
— C’était fait exprès pour ne pas être suivi.
— Ça n’a pas si bien marché que cela, puisque mon père est resté en contact avec moi pendant tout mon voyage grâce à la balise implantée directement dans mon corps et que tu n’as pas pris la peine de rechercher et de neutraliser avant de m’embarquer comme un vulgaire paquet.
— Après trois mois de prison tu m’en veux encore pour cette petite promenade ?
Père et fille s’écroulent de rire comme deux gamins devant ma déconvenue sportive pendant que ma machine vraiment mal en point se met à fumer. Je m’en approche et me mets à la démonter. Je retire le capot mais je ne trouve rien d’anormal à priori. De toute façon, la partie est finie et c’est Sarah qui a gagné.
L’ex-président a fait monter une tente au milieu du parc, nous nous y rendons et dégustons des boissons rafraîchissantes et vertes, terra noviennes oblige.
— Vous vouliez me voir monsieur Véga ?
— Oui, je voulais d’abord vous remercier personnellement pour m’avoir libéré de l’avis de recherche. Ensuite, j’ai une proposition à vous faire.
— Laquelle ?
— Prenez-moi à votre service.
— Vous cherchez une façon élégante de vous échapper ?
— Non, je vous propose mon savoir faire et mon expérience.
— Vous savez, je n’ai personne à faire tuer ces derniers temps.
— Vous êtes sûr ? Ce que je vous propose, c’est que pour une somme forfaitaire je retourne sur votre planète afin de faire tomber le pouvoir que j’ai malencontreusement contribué à mettre en place et que je revienne vous chercher afin de reprendre les commandes de Sébastopol.
— En contrepartie vous voulez quoi ?
— Un laissez-passer pour les diverses zones de l’univers habité ainsi que 0,1% de ce que vous récupérerez.
— Sur une planète complète, ça fait beaucoup.
— A peu près un pays.
— Vous en ferez quoi ?
— Je viendrai m’y reposer après de dures journées de labeurs.
— Je vous donnerai une réponse sous peu. Je dois d’abord en référer à mon gouvernement en exil.
Sur ce, Sarah me donne un pot de confiture d’un fruit local, une cartouche de cigarettes de contrebande et une tablette de chocolat. J’ai l’impression de repartir en pension où mes parents m’ont collé pour mauvaise conduite. Au moment où Sarah me remet mon colis, elle me serre les mains de toutes ses forces et elle me dit dans un souffle « tu me manques ». Je comprends bien qu’elle entend physiquement. Je remonte dans la navette.

Les Archives Lumière 0.13//Francis Péhot ©

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