Parce que le tissu stellaire lie les étoiles entre elles aussi indubitablement que les atomes sont liés entre eux, nous ne pouvons ignorer que les soubresauts cosmiques aux confins de l’univers auront, tôt ou tard, des conséquences sur nos négligeables contrées de l’espace. Aucun esprit digne de ce nom ne pourra donner foi aux fadaises anthropocentriques de l’astrologie, pas plus qu’il ne pourra souscrire aux élucubrations d’un univers créé par un démiurge soucieux d’éphémères singes imberbes ou de la supériorité de l’espèce humaine dont même Prométhée eut pitié.
Pourtant, êtres certes imparfaits mais soucieux de nos petites destinées, nous tentons de comprendre le monde qui nous entoure, nous tendons à appréhender les lois régissant le monde ; les athées en versant dans les sciences, les mystiques en s’élevant vers le gnosticisme, les réalistes en se tournant vers la métaphysique et le scepticisme antique.
Néanmoins, peu sont ceux au fait de la forme étrange qu’emprunte la causalité : nous pensons que nos souvenirs sont des résidus neuronaux, des stimuli engrangés dans les méandres de nos cervelles. Combien avons-nous tort ! Nos mémoires sont pareilles à tous les éléments du monde : elles se plient à l’instant, à ce qui compose le cosmos et le confirme au sein de ce vaste sophisme qu’est la réalité. Le problème c’est que, peu à peu, le monde se vide, et nos mémoires avec, car elles n’ont plus de quoi confirmer la matière dont elles se leurrent : Makthab, Denark, Osbhib, Caphntaghn, toutes ces étoiles nous ne les connaissons pas car elles n’existent pas, du moins n’existent-elles plus. Disparues même des traités astronomiques rédigés par ceux qui les ont découvertes, oubliées, annihilées. Elles ne sont pas plus mortes qu’elles ne se sont transformées, simplement ont-elles été niées par l’univers lui-même, éradiquées du passé, du présent et du futur.
Ne comprenez-vous donc pas les conséquences ? Le monde se vide, et j’ignore si c’est là le pire, car même si nous sommes encore ici, comment savoir les effets de ces matières abolies sur le reste du cosmos et, par voie de conséquence, sur nous ?

Trous vides//Francis Thievicz ©

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