Menechilde ouvrit le placard : les verres carrés et secs n’abritaient pas un moucheron. Elle fouilla la farine où ne grouillait aucune bestiole. La plaque qui couvrait la machine s’étiolait, lagune solide sous la tempête. Un châle morbide trahissait l’insecte de l’armoire. Il était temps d’agir !

Naphtaline et clous de girofle, minuscules cercueils de papier… Un papillon s’effrite sur la nappe et l’étoffe. Menechilde vaporise, elle fossoie, elle accule. Elle fabrique des pièges à pyrales et lutte à coup de fer, incapable de savoir quelle famille a sévi. Mais elle entend, la nuit, rôder près de sa tempe une teigne volatile. Elle a abandonné, depuis longtemps, le satanisme de la mouche-tique. L’ennemi a changé d’air.
L’appartement est un champ de bataille. Elle n’entend plus voleter la bête! Sauvée… La race éradiquée, elle ouvre sa valise et part chez l’étalon.

Il ne la méprisa pas, malgré l’odeur qu’elle dégageait. Menechilde sentait la vieille. Elle défit son bagage, ignorant la nature transportable de la mite. Cent œufs pour l’étalon, souvenirs qui écloraient dans l’ombre de la chambre, quand les larves trompeuses auraient dévoré leur amour.

Canines et Flore 26 : La mite transportable//Céline Maltère ©

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