Journal de bord du Capitaine Titou, sur une chose appelée Terre

C’était une petite planète humide. Grise, triste, recouverte de lourds nuages et d’immeubles ternes. Aux habitants maussades, aux visages amers. Ils avaient fait appel à moi pour régler un étrange problème : du ciel, plus une goutte de pluie ne tombait. À la place, une boule lumineuse qui chauffait et aveuglait les passants. Entourée d’un espace bleu. Surplombant les toits que personne n’apercevait d’ordinaire. Redonnant des couleurs aux bâtiments. Lorsque j’atterris, je ne vis personne. Personne pour répondre à mes appels. Tout le monde s’était calfeutré, dérangé par la lumière. Les volets, les stores, étaient baissés. Pourtant, derrière ces parois, tous étaient aux aguets. C’était fâcheux. J’avais fait tout ce chemin pour une petite récompense, et rien ? Même pas de réel problème à régler ? De quel mal pouvaient-ils souffrir, pour qu’ils n’osent m’approcher. Sortir, s’amuser ? Toujours personne. Je repartis donc en direction de mon vaisseau, lamentablement posé sur l’une de ces routes goudronnées qui mortifiaient mes coussinets. C’est alors que toute la planète s’anima, d’un coup. Des flashs lumineux et colorés semblaient surgir du sol et des murs. Je ne pouvais plus rien voir du tout. J’étais assailli par des hologrammes qui s’animaient tout autour de moi, m’empêchant de voir la route, de retourner au Sardinor. À la place, ils s’évertuaient à me mener dans des lieux de perdition pour… pour… m’épiler la fourrure, me doter de vêtements ! Quelle horreur, quel scandale. Je tentai comme je le pus de retrouver mon chemin, mais des robots accouraient à présent, vociférant des méchancetés à mon égard. J’avais involontairement fait fi de plusieurs lois, dont une concernant la pudeur. Enfin, comment déclarer une telle chose lorsque l’on montre, dans le même temps, tant de publicités obscènes ? Puis la foule arriva. Les uns se moquèrent de mon apparence tandis que d’autres fuyaient en hurlant ou tentaient de me dépouiller de mes biens. C’en était trop. Ce n’était pas très honorable de ma part, mais je décidai d’user de ma glande nasale et de les asperger, tous, de ma morve acidifiée. Des cris. Puis le calme revint. Quant à moi, plus jamais je ne mouillerai dans ce système.

Le Capitaine Titou : Partie 2, La boîte noire du Sardinor, épisode 13//Poulpy ©

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