Désormais je vois, désormais je sens, désormais j’entends. Quel étrange poison que celui qui a sommé la vie d’ôter ses immondes pattes de mon esprit.
Que la moribonderie de mon corps continue de nécroser ce qui gira dans mon tombeau, qu’importe ? Je rapetisse quelque part, mais à l’intérieur se creuse non pas une tombe mais un puits d’éternel néant, de ces gouffres d’où sourdent les boules d’éclair, les feux follets, les fulgurantes étoiles filantes, les idées, les liqueurs d’onirine, les pures chairs de l’idéal.
Désormais je ne suis plus réduit à être un individu : je suis volonté. Désormais mes rêveries ne pourriront plus dans les réalités : plus rien ne les condamne.
Le temps égraine ses litanies, râpe ma peau, résorbe mes organes, réduit mes besoins, et je sens aussi mes vieux songes s’asphyxier dans le cosmos étriqué… Mais quel besoin a donc le Temps de se préoccuper de tout et de tous ? Quelle fantaisie maca…
Oh, voilà mon vieil ami qui revient pour un dernier adieu. Il a dû oublier de prévenir les autorités de mon trépas.
Cher ami, toi qui lis ceci, prends garde, détourne-toi de mes funestes restes, l’araignée qui a causé ma mort est toujours là, elle a pondu ses œufs dans mes yeux qui vont bientôt… ne tente pas de la… Ne ferme pas mes paupières sinon…
Les deux amis, hôtes d’araignées inconnues, continuent de rester oubliés dans la grande demeure de lierre, informe amas végétal où leurs cadavres trouvent peut-être encore des feuilles où écrire.

Dernier récit de Charles L.//Francis Thievicz ©

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