Il ouvrait la gueule sur le lac, prêt à l’anéantir – persuadé que le goût de l’eau grise lui caresserait la langue. Il lapa lentement, mais chaque papille est un cèpe qui croît comme un chevesne, gavé par les eaux douces.
Il n’avait pas d’yeux pour les voir, juste une dent unique pour avaler la chair qui nageait, insouciante.
Soudain, dans un bruit de gueule qui sirote, les canotiers furent charriés dans le corps de la montagne, avalés par la bête qui dépassait leur imagination. N’importe qui aurait cru mourir… Mais ils se retrouvèrent à l’abri de la roche, dans cet estomac inédit où ils grouilleraient longtemps, incapables de comprendre qu’un chat mille fois plus grand qu’un monstre de Sibérie les avait bus, sous le ciel de juillet.

Canines et Flore 15 : Felis altaica//Céline Maltère ©

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