série#02LAL.01

Bob Véga avait la quarantaine grisonnante. Il habitait un immeuble ville de cent cinquante étages d’où il ne sortait jamais dans la banlieue de Gaia 9. Il passait ses journées dans la salle de gymnastique virtuelle ou au club de tir réel, à entretenir sa forme de manière complètement inutile, vu que cela faisait des années qu’il n’avait plus reçu le moindre contrat. Un matin, il reçut un visio hologramme qui lui apprit qu’il n’avait plus que deux mille crédits fédéraux sur son compte. Donc il passa une petite annonce galactique comme quoi il reprenait du service.

En effet, il avait fait une très belle carrière de militaire pour la fédération galactique. Il avait participé à la grande guerre de la frontière avant l’existence et la construction des murs à ultra ondes. Il avait ensuite fait une deuxième carrière comme mercenaire, étant engagé par une planète ou un consortium de planètes pour régler de petits problèmes de fonctionnement. A trente années galactiques, il s’était retiré dans cet immeuble ville et il n’en était plus sorti durant dix ans galactiques. Il avait claqué tout le fer qu’il avait durement gagné dans ses guerres, avait plus ou moins glandouillé avec des mécanismes femelles, bu des psychotropes dans les bars panoramiques des derniers étages et suivi l’actualité sur ses vidéo hologrammes. Mais là, la fête était finie. Il n’aurait bientôt plus un rond et il ne savait faire que cela : barouder. Tous ses anciens camarades étaient morts au combat, ou bien ils avaient été emprisonnés dans des geôles mentales quand ils n’avaient pas été plus simplement « retirés ».

Après trente jours galactiques, Bob reçut une petite annonce en retour d’un dénommé Practinant. Ce dernier avait entendu parler des exploits de Bob Véga par son père Salmanazar qui avait servi dans le même régiment spatial que lui. Il avait besoin de son aide pour virer un dictateur planétaire, Orres, qui faisait régner la terreur sur Sébastopol, planète du système solaire Antinéa. Bob lui envoya un message affirmatif sur le réseau universel, mais il lui annonça qu’il n’avait plus un kopeck. L’autre lui répondit qu’il lui enverrait un billet d’astronef aller et de quoi s’équiper, mais que ça prendrait un peu de temps, vu que l’argent devrait être récupéré chez les camarades révolutionnaires de Sébastopol. En attendant, Practinant lui demanda de tenir bon.

Les Archives Lumière 0.1//Francis Péhot ©

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